Don d'organe : "La désinformation a conduit à des inscriptions massives sur le Registre national des refus" dénonce Rist
En 2025, 6 148 greffes d’organes ont été réalisées en France, un record historique, mais en dessous des objectifs du Plan ministériel 2022-2026. Malgré une opinion publique favorable, le don vivant, en progression, ne représente toujours que 15,6 % des greffes rénales.
6 148 greffes ont été réalisées en France en 2025, un record. Avec 95 interventions de plus que l’année précédentes, ce chiffre dépasse les 6 120 greffes qui avaient été faites en 2017. Malgré cela, l’Agence de la biomédecine, qui vient de publier son bilan 2025, reste prudente : la hausse s’est ralentie et "ces résultats se situent ainsi dans la fourchette basse des trajectoires fixées par le Plan ministériel 2022-2026 pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus" précise-t-elle dans un communiqué. "De nouveaux leviers d’action" seront nécessaires souligne l’agence.
Parmi ceux-ci, la greffe à partir de donneur vivant, qui continue de progresser : 603 greffes rénales avec ce type de donneur ont ainsi été effectuées en 2025, dont 8 issues de dons croisés. Mais là aussi, l’évolution semble plafonner, avec une proportion 15,6% de l’ensemble des greffes rénales en 2025, malgré une hausse de 7,7% en 2 ans. "Ce chiffre n’approche pas l’objectif du plan greffe de 20%"regrette l’Agence de la biomédecine.
Au final, les difficultés persistent pour les patients. Au 1er janvier 2026, 23 294 malades restaient en attente d’une greffe, dont 11 642 sur liste active. Et 966 des malades de la liste d’attente sont décédés en 2025 faute de greffe.
En cause, en particulier, une augmentation du taux d’opposition, qui atteint 37,1 % en 2025 (contre 36,4 % en 2024). "Ce taux doit toutefois être distingué de la perception globale favorable du don au sein de la population" souligne le communiqué.
Encore beaucoup d’idées reçues
Ainsi, selon le baromètre 2026 (réalisé en janvier dernier auprès de 1022 personnes âgée de 16 ans et plus), 74 % des Français se disent favorables au don de leurs propres organes, un chiffre qui reste globalement stable depuis 10 ans. Mais si 90 % des Français pensent qu’il est important faire connaitre leur position sur ce sujet du don d’organe, ils ne sont que 49 % à le faire réellement. Les jeunes expriment particulièrement un manque d’informations.
Les idées reçues persistent : 62% des Français pensent que le prélèvement est automatique en l’absence d’inscription au Registre national des refus, alors que les proches sont toujours consultés. Ils ont des doutes concernant l’équité des chances pour toute la population, ainsi que sur la possibilité d’effectuer normalement les rites funéraires. Enfin, 30 % des personnes travaillant à l’hôpital pensent que les personnes ne sont pas décédées au moment du prélèvement d’organes !
Pour Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, citée dans le communiqué, "la lutte contre la désinformation, qui conduit à des inscriptions massives sur le Registre national des refus sur la base de fausses raisons, et contribue plus largement à entretenir un climat de défiance et de suspicion qui nuit au sentiment de solidarité et à la confiance dans le système de santé, se traduit aujourd’hui par une perte de chance pour les patients en attente de greffe. La diffusion d’information fiables et vérifiées, dans les médias et sur les réseaux sociaux notamment, constitue aujourd’hui un des axes majeurs de la promotion du don d’organes et de tissus et de l’accès à la greffe".
Références :
Agence de la biomédecine (19 février)
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