Endométriose : vers un remboursement généralisé de l'Endotest ?
Le test diagnostique salivaire de l’endométriose, l’Endotest, développé et produit par la société Ziwig, pourrait faire l’objet d’un remboursement généralisé dans les prochains mois.
C’est tout du moins ce qu’espère Yahya El Mir, président de Ziwig. "Je pense qu'ils se sont organisés pour donner un avis le plus vite possible", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse organisée par l’entreprise, le 20 janvier, précisant que son groupe présenterait d'ici au deuxième semestre 2026 des données qui doivent permettre aux autorités sanitaires de trancher sur l'intérêt réel de l'Endotest.
Ce test est déjà remboursé pour certaines patientes, seulement dans le cadre de l'expérimentation qui est menée sous l'égide de la Haute Autorité de santé (HAS) dans une centaine d'hôpitaux et qui comprend 25 000 personnes qui pourront donc bénéficier de l’accès anticipé à l’Endotest.
Une étude, nommée Endobest, portant sur 2 500 patientes, désormais toutes déjà recrutées, sera présentée à l'autorité. Elle a pour objectif d'"évaluer l'impact de Ziwig Endotest sur la décision médicale et la prise en charge des patientes présentant des douleurs pelviennes chroniques invalidantes, fortement évocatrices d’endométriose, mais avec un bilan d’imagerie de référence négatif ou incertain", précise Ziwig dans un communiqué daté du 20 janvier. Ainsi, les conditions d’utilisation de l’Endotest restent restrictives puisque le test ne peut être prescrit qu'à des patientes pour lesquelles le diagnostic d’endométriose reste incertain malgré l’imagerie.
Le président de Ziwig, accompagné de médecins participant à l'expérimentation actuelle et de patientes, a défendu les bénéfices de son test qui fait l'objet de certaines critiques dans la communauté scientifique et médicale quant à son intérêt réel dans la prise en charge de l'endométriose, notamment au vu de son coût élevé - plus de 800 euros.
Le groupe a mis en avant les résultats de l’étude prospective multicentrique ENDOmiRNA, menée sur 971 patientes dans 17 centres français publics et privés. Publiée en novembre dernier dans la revue NEJM Evidence, elle démontre que l'Endotest permet une sensibilité de 97,3% et a une spécificité de 94,1%.
Interrogés par l'AFP, plusieurs experts ont, globalement, salué la solidité de cette étude, la jugeant bien supérieure aux précédents travaux présentés par Ziwig. "C'est plutôt convaincant, même si ce n'est peut-être pas la réponse définitive au diagnostic de l'endométriose", juge aDaniel Vaiman, généticien à l'Inserm, qui s'était jusqu'alors montré sceptique sur les études de Ziwig.
Les experts pointent néanmoins que les performances impressionnantes sont probablement liées à la nature de l'échantillon - très largement composé de femmes atteintes d'endométriose, ce qui biaise les résultats - et que l'étude ne suffit pas à valider certaines affirmations de Ziwig comme l'idée que son test peut à lui seul éviter des années d'errance avant d'avoir un diagnostic.
Une femme sur dix en âge de procréer est concernée par l’endométriose.
Références :
D’après AFP et un communiqué de Ziwig (20 janvier).
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