FMC : 10 points clésInfections à HPV : modalités de prévention et de dépistage

L’infection à papillomavirus est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente.

10/02/2026 Par Dre Sandrine Pérol
  1. 01
    Point formation n°1

    Il existe plus de 200 types de papillomavirus humain (HPV), classés en fonction de leur tropisme et de leur pouvoir pathogène. Sur les muqueuses, on distingue les HPV à bas risque oncogène, responsables de condylomes, et ceux à haut risque oncogène, qui peuvent entraîner des lésions précancéreuses ou cancéreuses.

  2. 02

    On considère que 80 % de la population (hommes et femmes confondus) sera infectée au moins une fois dans sa vie. Le virus sera éliminé naturellement dans environ 90 % des cas. La persistance du virus pourra conduire au développement de lésions de bas grade, de haut grade et, en l’absence de prise en charge, vers les lésions cancéreuses. Cette évolution vers le cancer du col de l’utérus est généralement lente (entre 10 et 20 ans après l’infection). Certains facteurs constituent des facteurs de risque de portage prolongé ou de lésions histologiques, notamment le tabagisme ou l’immunodépression.

  3. 03

    On dénombre en France chaque année plus de 6 400 cancers liés à l’HPV, dont un quart touchent les hommes. Les cancers les plus fréquents sont ceux des filières génitales (environ 2 900 cancers du col de l’utérus et 200 de la vulve ou du vagin par an mais également une centaine de cancers du pénis par an). Les HPV peuvent également être responsables de cancers de la sphère ORL et de l’anus.

  4. 04

    Depuis 2018 il existe un programme de dépistage organisé du cancer du col utérin en France. Il concerne toutes les femmes de 25 à 65 ans immunocompétentes. Ce dépistage consiste en la réalisation de frottis cervico-utérins entre 25 et 30 ans (deux frottis à un an d’intervalle, puis à trois ans en l’absence d’anomalie) puis de tests HPV (recherche uniquement des HPV à haut risque) entre 30 et 65 ans (tous les cinq ans en l’absence d’anomalie). En cas de présence d’un HPV, un frottis réflexe (analyse cytologique) sera réalisé. En présence d’anomalie au frottis ou en cas de portage prolongé d’HPV (persistance d’HPV à un an), un examen de colposcopie devra être réalisé.

  5. 05

    Pour les femmes immunodéprimées (hors VIH), les modalités de dépistage du cancer du col de l’utérus reposent sur la réalisation de frottis annuels entre 25 et 30 ans, puis de test HPV triennal dès lors que le résultat du test est négatif. La poursuite ou l’arrêt de la surveillance au-delà de 65 ans sera à discuter au cas par cas en fonction du contexte clinique.

  6. 06

    Les modalités de dépistage pour les femmes vivant avec le VIH sont les mêmes que dans la population générale, à l’exception des patientes entre 25 à 30 ans avec un taux de lymphocytes T CD4 inférieur à 350/μl ou un nadir de moins de 200 cellules/μl, pour lesquelles un frottis annuel doit être réalisé.

  7. 07

    Pour les femmes ayant été prises en charge pour une lésion cervicale de haut grade ou pour une lésion cancéreuse, la surveillance devra être rapprochée, prolongée sans limite d’âge et fonction de la nature de la lésion traitée.

  8. 08
    Point formation n°8

    La vaccination contre le HPV (nonavalent) est recommandée pour les jeunes filles et jeunes garçons entre 11 et 14 ans. Elle consiste en deux injections espacées de six à treize mois. Un rattrapage peut être réalisé jusqu’à l’âge de 26 ans révolus pour les deux sexes, selon un schéma à trois doses (à deux mois, puis à six mois de la première injection).
    La vaccination pourra être proposée dès 9 ans chez les enfants en attente de transplantation d’organe solide. Un schéma vaccinal, même complet, ne modifie pas les modalités de dépistage ultérieur.
    La vaccination est d’autant plus efficace qu’il n’y a pas eu d’exposition antérieure au papillomavirus.

  9. 09

    Les cancers anaux peuvent être responsables de douleurs, de tuméfactions ou de saignements au niveau de la marge anale. Ces symptômes doivent motiver la réalisation d’un examen proctologique. Chez les femmes asymptomatiques un dépistage par recherche d’HPV à haut risque est recommandé à celles prises en charge pour des lésions de haut grade ou cancéreuses de la vulve ou aux femmes transplantées d’organe depuis plus de dix ans.

  10. 10

    Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de méthode de dépistage pour les lésions ORL précancéreuses induites par le papillomavirus. Les principaux signes d’appel des lésions cancéreuses sont une adénopathie cervicale, un ulcère buccal, une épistaxis inhabituelle, une narine bouchée unilatéralement, une modification de la voix ou des douleurs persistantes de la langue, de la gorge, de l’oreille ou à la déglutition. La persistance de ces symptômes plus de trois semaines doit conduire à une consultation d’ORL.

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