La généralisation du tiers payant fin novembre est "irréaliste" tranche l'Igas

23/10/2017 Par Sandy Bonin
Assurance maladie / Mutuelles

L'objectif d'une généralisation du tiers payant à tous les patients au 30 novembre est "irréaliste" compte tenu de "freins techniques" et d'une confiance "encore trop fragile" des professionnels de santé malgré des progrès, estime l'Igas dans son rapport très attendu sur le tiers payant.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui avait confié en juillet à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) la mission d'étudier la "faisabilité technique" de cette mesure sociale emblématique du quinquennat Hollande, avait déjà divulgué la principale conclusion de ce rapport dimanche, en déclarant que "techniquement le tiers payant généralisé n'est pas faisable au premier décembre".  

Lire également : 28 heures de paperasse et 1 000 € perdus par mois : les réalités du tiers payant

  Il devait être étendu à tous les patients le 30 novembre pour la partie des soins remboursés par la Sécurité sociale. Pour l'autre partie, prise en charge par les mutuelles, les professionnels de santé ne sont pas contraints d'appliquer le tiers payant, suite à une décision du Conseil constitutionnel.   Le tiers payant progresse   Selon le rapport, le tiers payant est quasi généralisé pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé et malades chroniques (couverts à 99%) et les femmes enceintes (90%).  Pour les autres assurés, il progresse et sa généralisation à tous pour la part Sécu est "techniquement réalisable (...) à brève échéance sous réserve que soit mis en œuvre un accompagnement renforcé des professionnels de santé", estime l'Igas. Pour les autres assurés, il progresse et la généralisation à tous les assurés du tiers payant pour la part Sécu est "techniquement réalisable (...) à brève échéance sous réserve que soit mis en oeuvre un accompagnement renforcé des professionnels de santé", estime l'Igas.   Freins techniques   Sur cette partie, les rejets de dossier sont faibles, de l'ordre de 1%, soit environ "un dossier par semaine pour un médecin généraliste" et 90% des paiements aux médecins sont faits sous quatre jours, relève-t-elle dans son rapport. En revanche, pour le tiers payant complémentaire, l'objectif n'est "atteignable techniquement à compter de 2019 que pour certaines professions de santé" en raison de nombreux "freins techniques" dans les systèmes informatiques restant à lever, juge l'Igas. L'identification des droits des patients notamment est difficile et source de rejets de paiement. La mission souligne également les "niveaux très variables" de pratiques selon les professions. Chez les pharmaciens, "précurseurs", qui encaissent 65% des actes facturés par les professionnels de santé, le tiers payant intégral sur les deux parts est quasi généralisé (93% des actes), idem dans les laboratoires (91%). Il est aussi très important chez les infirmiers (75,5%), répandu chez les kinés (47%), centres de santé (45%) et radiologues (40%) mais le tiers payant intégral reste très faible dans certaines professions : dentistes (4%), médecins généralistes (6,5%) ou spécialistes (17%).   Suppression de l'obligation ou son report à 2019   Pour la partie Sécu, le tiers payant est respectivement pratiqué pour 20% des actes par les généralistes et 10% côté dentistes. "Le maintien dans la loi de l'obligation de pratique du tiers payant pour tous les patients au 30 novembre 2017 est désormais irréaliste compte tenu des délais", conclut l'Igas. Elle envisage ensuite deux scenarii : la suppression de l'obligation ou son report à 2019 (pour la part Assurance maladie).   Sans trancher, elle souligne que la première option comporte un "risque de démobilisation des acteurs" et imposerait de remplacer l'obligation faite aux médecins par "un dispositif d'incitation". Enfin, la mission recommande au gouvernement de "dissocier" le calendrier de déploiement. Pour la part de tiers payant complémentaire, elle suggère de confier une concertation à "une personnalité qualifiée" et de procéder par étapes : d'abord les professions les plus avancées (radiologues, centres de santé, auxiliaires), puis les autres (médecins et dentistes notamment). [Avec AFP]

Arrêt maladie : la possibilité de solliciter un deuxième avis auprès d'un confrère spécialiste est-elle une bonne idée ?

Blue GYN

Blue GYN

Non

⚖️ On remarque que pour ceux qui répondent soit OUI soit NON, l'argumentaire est à peu près superposable, le seul spécialiste inco... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
19
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
18
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2