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"Une plus-value sanitaire" : l'Igas recommande de pérenniser les "salles de shoot"

Les "haltes soins addictions", ou "salles de shoot", réduisent les risques sanitaires et améliorent la tranquillité publique, confirme un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale de l’administration (IGA), publié lundi 5 janvier. La mission préconise ainsi de pérenniser ces structures. 

07/01/2026 Par Louise Claereboudt
Santé publique
Seringue

En France, les "salles de consommation à moindre risque", devenues "haltes soins addictions" (HSA), ont été autorisées par expérimentation législative en 2016. Une expérimentation qui devait prendre fin au 31 décembre dernier, mais qui a finalement été prolongée pour deux ans dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Afin d'éclairer le Gouvernement sur "l'opportunité de maintenir, d'adapter ou d'arrêter" ce dispositif, l'Igas et l'IGA ont évalué l'impact des deux salles existantes à ce jour, situées à Paris et Strasbourg. Ces dernières accueillent 1 600 personnes, soit "moins de 1% des 342 000 usagers problématiques de drogues estimés en France en 2023", notent l'Igas et l'IGA dans leur rapport. Il s'agit d'un public "en forte désaffiliation sociale, majoritairement sans domicile fixe".

L'évaluation de l'Igas et de l'IGA, finalisée en octobre 2024 mais publiée lundi 5 janvier, expose les bénéfices de ces lieux, qu'elle recommande de pérenniser, en les inscrivant dans le droit commun pour "prévoir, en droit, la possibilité" d'en ouvrir de nouveaux, "dont l'opportunité devra être appréciée au cas par cas".

"Les études internationales, et plus récemment l'étude française publiée par l'Inserm en 2021, attestent de la plus-value sanitaire des HSA pour l'usager : la consommation supervisée, en limitant les pratiques d'injection dangereuses et le partage de matériel, réduit les risques infectieux, les surdoses et les affections somatiques. En termes de bénéfices collectifs, la fréquentation d’une salle de consommation réduit les risques de passage aux urgences et les coûts associés", lit-on.

"Par ailleurs, les HSA assurent le rôle de vigies des habitudes de consommation et des nouvelles tendances (comme la montée en puissance du fentanyl observée grâce à la HSA de Strasbourg)", mettent en avant les deux inspections.

"Une réponse locale à un besoin local"

Les salles améliorent, en outre, la "tranquillité publique", poursuivent-elles, relevant une diminution des "consommations de rue". "Depuis 2016, près de 550 000 injections ont été abritées dans les salles de Paris et Strasbourg ; les seringues ramassées autour de la salle sont passées de 150 à moins de 10 par jour à Paris."

Leur apport sanitaire est jugé complémentaire à la lutte contre la consommation et les trafics de drogues, et "les services de sécurité publique ne relèvent pas de hausse de la délinquance à proximité de ces salles", voire, parfois, une baisse de celle-ci.

Mais "toutes les villes n'ont pas vocation à avoir une halte soins addictions" qui doit "être une réponse locale à un besoin local", estiment les deux inspections. Selon elles, "plusieurs conditions doivent être réunies pour que la HSA soit justifiée, efficace et acceptable par l'ensemble des parties prenantes", notamment une capacité d'accueil adaptée, une implantation "au plus près des lieux de consommation dans l'espace public", ou encore une "proximité avec un hôpital" 

[avec AFP] 

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