crédit: Justine Maurel
Affaires Grégory et du Petit Emile : comment le nom d'un médecin légiste français s'est retrouvé sur la couverture de deux ouvrages qu'il n'a pas écrit
Bernard Marc réagit, pour Egora, à cette affaire rocambolesque où il a vu son nom adossé à des ouvrages auxquels il n’avait pas participé. Le médecin légiste a décidé de ne pas porter plainte.
crédit: Justine Maurel
Ils ont découvert leurs noms sur la couverture de deux ouvrages, alors qu’il n’avait jamais écrit une ligne. Richard Marlet, ex-policier, et Bernard Marc, médecin légiste, étaient plus que surpris quand ils se sont rendu compte qu’ils allaient publier un nouveau livre. Un étonnement d’autant plus fort qu’il s’agissait d’une maison d'édition, intitulée MA-ESKA, que connaissait parfaitement bien Bernard Marc.
“C’est un éditeur avec qui j’ai été édité”, rembobine l’intéressé pour Egora. Diagnostics en victimologie, Soigner les soignants et Mémoire du crime : le légiste raconte, voient le jour grâce à cette collaboration. Et à chaque fois, aucun nuage à l’horizon. “Tout ça se passant dans la forme normale de rapport avec un éditeur : on soumet une idée, on en discute, on fait un chapitre type, on regarde la faisabilité, on signe un contrat évidemment. On avance pas à pas sur les étapes de production d'un livre”, précise Bernard Marc.
Un jour la maison d’édition contacte Bernard Marc et évoque ces fameux cold cases. “Une “conversation banale” de “cinq minutes” où l’affaire du petit Emile et celle du petit Grégory sont bien évoquées. Tout comme l’idée de faire un ouvrage et d’y associer Richard Marlet.
“On n’en a jamais parlé”
Puis plus rien. “Ça s'arrête là. Donc pas de livre, pas de plan, pas d'écrit, pas de chapitre envoyé.” Jusqu’au jour où un ami de Richard Marlet décroche son téléphone pour lui parler de deux livres, L'énigme Grégory et La disparition du petit Emile, annoncés pour février et mars et disponibles en précommande sur des plateformes comme Amazon ou la Fnac. Les noms de Richard Marlet et de Bernard Marc figurent sur la couverture. “Richard Marlet monte au créneau en disant, "qu'est-ce que c'est que ça ? On ne m'en a jamais parlé". Ce qui est tout à fait vrai puisque comme on était à l'état 0 du projet, [...] on n'a jamais évoqué, lors de contacts qu'on a eus, ce sujet-là.” Bernard Marc, lui, n’en revient pas : “je ne sais pas ce qu’ils imaginaient.”
Richard Marlet sollicite les services d’un avocat, maître Patrick Ramaël, indiquant, par le biais d’un communiqué de presse, que son “client était totalement étranger à ces ouvrages dont il n’a pas écrit une ligne. Il m’a chargé de mettre en œuvre toutes les voies pour faire cesser cette situation et obtenir de réparer son préjudice”.
Toujours par voie de communiqué, envoyé à BFMTV, le PDG des éditions MA-ESKA, Serge Kebabtchieff indique que les deux livres ne seront pas publiés puisqu'ils n'ont fait l'objet "ni d'une rédaction, ni d'une impression, ni d'une diffusion sur aucun support". Il est précisé que "l'ensemble des préannonces et notices correspondantes est en cours de suppression auprès des plateformes professionnelles et commerciales concernées". Des excuses ont également été présentées aux deux auteurs.
Face à ces déclarations, Bernard Marc a décidé de ne pas porter plainte. “Je ne vais pas tirer sur l’ambulance”, indique l’intéressé en mentionnant que les excuses et le retrait des annonces étaient suffisants.
[avec BFMTV]
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