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"Je ne voulais pas me résumer à n’être 'que' handicapé" : tétraplégique après un accident, cet étudiant va devenir médecin

En 2013, Clément Jean, qui allait rentrer en quatrième année de médecine, est devenu tétraplégique. Pas de quoi pour autant contrarier son avenir professionnel. Soutenu par son entourage, il a repris ses études et exercera en tant que radiologue dès l’an prochain. Portrait.

“Peut-être que, ce jour-là, j’aurais mieux fait de rester couché… De regarder des séries, plaisante Clément Jean. Mais voilà… Les accidents, comme bien souvent, sont imprévisibles. Parce que si on les voyait venir, on ferait forcément un pas de côté pour les éviter.” Il n’a pas du tout vu venir cet accident. Ce samedi 3 août 2013, le jeune étudiant en médecine, alors âgé de 21 ans, avait un tout autre programme qu’une “soirée séries”. Il avait prévu d’assister à la fête du lac d’Annecy avec des amis.  

Ce qui devait être un événement joyeux ne s’est pas du tout déroulé comme prévu. “Le lac d’Annecy, c’est un endroit que je ne connaissais pas. J’ai plongé la tête la première. Il n’y avait pas de fond. Je me suis cassé les cervicales. La moelle épinière a été endommagée”, raconte-t-il sobrement, sans rentrer dans plus de détails. Cet accident de plongeon s’inscrira comme “l’un des plus gros bouleversements de [sa] vie”, lâche-t-il. “J’espère ne pas en connaître d’autres comme celui-là.”

 

“Le temps permet de faire son deuil de la vie d’avant” 

Les vertèbres C5 et C6 ont été fracturées. “J’ai vite fait le diagnostic : je ne pouvais plus bouger les membres, je n’avais plus de sensibilité”, se souvient-il. Certes, au début, “c’est toujours un peu flou sur les tableaux neurologiques post-traumatiques. Mais on voit rapidement, au cours du mois qui suit, qu’il n’y a pas de récupération fonctionnelle. Que ce n’est pas lié à une étape de sidération médullaire, et que ce sont donc bien des lésions traumatiques de la moelle.” Clément Jean est désormais tétraplégique. La lésion médullaire est complète, selon l’échelle de déficience de l’Asia (American Spinal Injury Association). Aujourd’hui, il a “quand même la mobilité des épaules et du biceps, précise-t-il. Mais tout ce qui est en distalité, je n’y ai pas accès. Je ne peux pas, par exemple, bouger activement les doigts ou fléchir le poignet.”

L’étudiant, qui vient de terminer sa troisième année de médecine à Grenoble à l’époque de l’accident, saisit très vite ce qu’implique cette nouvelle donne. Mais s’il était, du fait de son statut, “un peu plus dans la partie” que d’autres patients, et donc plus à même de comprendre ce qui lui arrivait, Clément Jean soutient que pour toute personne dans son cas, “le constat reste quand même assez simple et évident”. En résumé : la vie ne sera plus comme avant. L’appréhender est “un cheminement assez personnel, chaque parcours est différent”, remarque-t-il. “Au début, il y a forcément une étape un peu compliquée, il faut accepter de...

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