Vente de médicaments en ligne : la notion de plateforme sera supprimée

21/02/2020 Par Louise Claereboudt
Médicaments
Interrogé au Sénat mercredi 19 février, le nouveau ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a assuré que la notion de plateforme sera effacée du projet de loi visant à assouplir les conditions de vente en ligne des médicaments sans ordonnance.

  Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'article 34 du projet de loi Asap (Accélération et simplification de l’action publique) relatif à la vente de médicaments en ligne suscite de nombreuses inquiétudes chez les professionnels de santé. "J'entends, dans ce projet, que le mot plateforme puisse inquiéter voire choquer", a déclaré Olivier Véran, interrogé ce mercredi 19 février par le sénateur Chasseing, médecin généraliste en Corrèze. "Le Gouvernement n'a jamais, jamais, eu l'intention d'aller vers des plateformes de vente en ligne de médicaments de type Amazon ou autres", a insisté le nouveau ministre de la Santé. Celui-ci a certifié que l'activité resterait "sous la responsabilité du pharmacien d'officine".

Olivier Véran a toutefois tenu à couper court à tout risque et annoncé que des amendements seront déposés pour clarifier les dispositions applicables et supprimer jusqu'à la notion même de plateforme. "Ces mesures de simplification ne doivent pas fragiliser des officines dont la présence est indispensable sur le territoire", a-t-il précisé avec fermeté. Une annonce saluée par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).   Simple déclaration En France, la vente en ligne de médicaments est autorisée depuis 2013 suite à une décision européenne. "Les conditions d'application de cette loi en ont énormément limité la portée parce que la France s'oppose à ce qu'il y ait de grandes plateformes, notamment étrangères, qui puissent demain vendre des médicaments aux Français dans des conditions de sécurité et de qualité qui ne seraient pas établies et qui viendraient mettre en difficulté un maillage territorial en pharmacie qui est absolument essentiel", a rappelé le ministre. Jusqu'à maintenant, la vente des médicaments sans ordonnance par des pharmaciens ne pouvait se faire sur Internet qu'après avoir obtenu l'autorisation de l'ARS. Chaque officine doit également disposer de son propre site internet. Le projet de loi prévoit de supprimer cette autorisation préalable et de la remplacer par une simple déclaration d'ouverture du site. L'objectif : permettre aux pharmacies de se regrouper sur un site Internet commun. Par ailleurs, si aujourd’hui, les médicaments doivent être conservés dans les officines, ils pourraient être stockés dans un local distinct rattaché à l'officine. L'adoption de la loi Asap devrait avoir lieu d'ici le mois de juin 2020.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2