Le coronavirus dans l'air expiré serait sans doute infectieux

23/07/2020 Par Sandy Bonin
Santé publique
Des chercheurs ont pour la première fois réussi à faire se répliquer des particules de SARS-CoV-2 prélevées dans l'air de chambres de malades du Covid-19. Leurs travaux étayent l'hypothèse selon laquelle le virus est transmissible non pas seulement par les postillons et les grosses gouttelettes émises par la toux et les éternuements, mais aussi par les microscopiques gouttelettes que nous rejetons lorsque nous respirons et parlons.

Leurs résultats sont préliminaires et n'ont pas été examinés par le comité de lecture d'une revue scientifique, qui devra confirmer que la méthode employée par les scientifiques de l'Université du Nebraska est valable. Ils ont été mis en ligne lundi sur leur site, où la communauté scientifique peut librement les commenter. La même équipe avait prépublié en mars une étude montrant que le virus restait présent dans l'air de chambres d'hôpital de malades. "Ce n'est pas facile", a commenté Joshua Santarpia, professeur au centre médical de l'université du Nebraska, à propos de la méthode pour collecter des particules virales dans l'air, à l'aide d'un appareil de la taille d'un téléphone portable. "Les concentrations sont faibles, on a généralement peu de chances de récupérer des échantillons utilisables." Les chercheurs ont prélevé l'air dans les chambres de cinq patients alités, 30 cm au-dessus de leurs pieds environ. Les patients parlaient, quelques-uns toussaient. Les scientifiques ont réussi à collecter des microgouttelettes de moins de cinq microns de diamètre contenant du virus, et même de moins d'un micron. Ils ont ensuite isolé le virus et l'ont placé dans un milieu spécial pour le faire se répliquer. Ils n'ont réussi à se faire répliquer avec certitude que trois des 18 échantillons, venant de gouttelettes d'un micron. Mais Joshua Santarpia en est sûr : "il se réplique en culture cellulaire et est par conséquent infectieux". La voie aérienne de transmission était considérée comme improbable au début de la pandémie par les autorités sanitaires de plusieurs pays et l'Organisation mondiale de la santé, qui estiment que la contamination directe (par postillons et gouttelettes directement projetés sur le visage) reste la voie principale de contagion. Mais l'OMS, sous pression des scientifiques, a reconnu le 7 juillet que des preuves émergeaient sur la transmission par l'air. "Le débat est devenu plus politique que scientifique, je crois que la plupart des infectiologues s'accordent à dire que la voie aérienne est une composante de la transmission, bien que nous débattions encore de son importance", a estimé Joshua Santarpia. La professeure Linsey Marr, spécialiste de la transmission aérienne des virus, a commenté sur Twitter que l'étude présentait "des preuves solides", en ajoutant: "Il y a du virus infectieux dans l'air. Reste à savoir quelle quantité il faut respirer pour être infecté". [Avec AFP]

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2