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Déserts, hôpital, Sécu : les candidats détaillent leur programme santé

Benoît Hamon

"Le plus important à mes yeux : la transition épidémiologique", commence Benoît Hamon, qui rappelle que 60% de la mortalité mondiale est due aux maladies chroniques. En France, elles concernent 15 millions de malades.

Le candidat socialiste veut ​"concevoir des politiques de la bonne santé, du bien-être et non de la maladie". Il faut "poursuivre la lutte contre les addictions, la consommation précoce de tabac et d’alcool". "Je défends un grand plan alimentation: défendre une alimentation équilibrée, par une signalétique adaptée, par le développement de l’accès au bio."

"Il faut une action résolue sur les perturbateurs endocriniens -qui accélèrent la puberté précoce, les maladies chroniques- ainsi que sur les pesticides." 

Benoît Hamon propose un remboursement par la Sécurité sociale d’une activité physique adaptée pour les personnes souffrant d’ALD.

Concernant l'accès aux soins, Benoît Hamon promet une automatisation de l’accès à la CMU-C, et veut intégrer l’AME à la protection universelle maladie. "C’est l'une des meilleures manières de faire des diagnostics précoces".

Concernant les médicaments couteux : "Nous avons un système qui fixe les prix en fonction de la propension à payer. Il y a une arme ultime pour faire baisser les prix: la licence d’office."

Revoir le financement de l’hôpital : certains actes doivent continuer à être financés par la T2A, d’autres pas. "Il faut revoir la carrière et l'organisation du travail pour améliorer les conditions de travail des conditions de travail des personnels soignants et administratifs."

"Vous souhaitez répartir différemment les aides publiques à la complémentaires santé. Comment ? Prendre ce qui existe et le répartir sur davantage de personnes ? Ou mettre tout le monde au niveau des standards les plus élevés ? Ce qui représenterait un coût budgétaire chiffré à 3.5 milliards par an", demande Thierry Pech, DG de Terra Nova. "3,5 milliards, c’est très loin des 20 milliards promis par François Fillon pour rembourser la totalité des prothèses auditives, dentaires et des lunettes", tacle Benoît Hamon. "Il faut élargir cette aide aux fonctionnaires, retraités et étudiants, qui n’en jouissent pas. Il faut augmenter la contribution de la collectivité. Pas question de diminuer le montant de cette aide pour les salariés du privé."

Benoît Hamon a fait de la reconaissance du burn out un axe de sa politique et de sa campagne. "Comment allez-vous faire pour faire rentrer dans la loi le burn out, scientifiquement flou ?", interroge Thierry Pech.

"Le burn out, ce n’est pas une maladie, c’est un syndrome. Il faut apporter une réponse à ceux qui sont victimes de pathologies psychiques dont on sait qu’elles sont imputables au travail." 'Il faut modifier l’organisation du travail. Là où il y a une sinistralité forte, les entreprises paieront plus à la branche maladie."

Le candidat socialiste est interrogé sur les déserts médicaux. "Vous proposez un non conventionnement des médecins en zones surdotées, où les patients ne seraient pas remboursés. Finalement, vous adoptez une mesure assez coercitive… Qu’est-ce que vous faites des médecins déjà installés dans ces zones, ce sont les grands gagnants de votre système ?" Benoît Hamon : "Les MSP et centres de santé vont dans le bon sens, il faut les multiplier. Faciliter l’installation, instaurer une aide à l’emploi pour le conjoint. La coercition risque de ne pas être efficace. Obliger un jeune diplômé dans un désert ? Celaa correspond peu au projet de vie de ces étudiants, plus âgés que les autres, et ce serait difficile à mettre en oeuvre. Pourquoi ne pas restreindre la liberté d’installation en s’inspirant du système en place chez les kinés ou les pharmaciens ? Il faut parier sur l’incitation pour lutter contre les déserts médicaux."

Comment résorber le déficit de la Sécu ? "Je crois beaucoup à la stratégie des coûts évités, aux politiques de prévention. Eviter que les gens tombent malades. Je propose la constitutionnalisation des communs: le droit de respirer un air de qualité, de boire une eau de qualité. Il faut construire des mécanismes de prélévements sur les sociétés qui exploitent ces communs.Si nous ne faisons pas ces choix sur les perturbateurs endocriniens, sur les pesticides, sur l’environnement, dans les 5-10 ans qui viennent, nous aurons des scandales sanitaires."

"Comment permettre un accès aux soins à tous ?" demande un internaute. "Je parlerai de l'hôpital. Le lieu vers lequel on va quand on n’a pas de médecin, ce sont les urgences. Il faut développer des systèmes de permanences des MG en lien avec les hôpitaux, dans des lieux dédiés, pour des consultations classiques. Nous devons repenser le fonctionnement de l’hôpital. Quand un chef de service est appelé par le directeur pour lui dire que la DMS est trop longue, ça n’a pas de sens."

 

 

 

L'intervention de Nicolas Dupont-Aignan

L'intervention d'Emmanuel Macron

L'intervention de François Fillon

L'intervention de Yannick Jadot 

 

 

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