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Médiator : 8 millions d'euros d'amende requis contre Servier

Devant le tribunal correctionnel de Paris, le parquet a également requis 3 ans de prison ferme pour l'ex-numéro deux du groupe et 200.000 euros d'amende contre l'ANSM, accusée d'avoir failli à sa mission de "police sanitaire". 

C'est le dernier acte d'un procès hors normes (4.500 parties civiles, 450 avocats) qui s'est ouvert le 23 septembre dernier, dix ans après l'alerte d'Irène Frachon. Au terme d'un exposé de plus de huit heures, mardi 23 juin, la procureure Aude Le Guilcher a appelé le tribunal correctionnel de Paris à sanctionner lourdement les fautes "d'une extrême gravité" du groupe Servier dans l'affaire du Médiator. Pour la représentante de l'accusation, la firme pharmaceutique "a fait délibérément le choix, cynique, de ne pas prendre en compte les risques qu'elle ne pouvait ignorer" et a manœuvré pour "dissimuler" la nature anorexigène du Mediator, massivement détourné comme coupe-faim, faisant "passer ses intérêts financiers avant l'intérêt des patients". 

Pour "tromperie aggravée", "escroquerie" et "homicides et blessures involontaires", le parquet a requis au total 8,2 millions d'euros d'amende à l'encontre de Servier. Contre Jean-Philippe Seta, l'ancien bras droit de Jacques Servier, décédé en 2014, l'accusation a réclamé cinq ans d'emprisonnement dont deux ans assortis de sursis et 200.000 euros d'amende. 

A l'encontre de l'Agence de sécurité du médicament, poursuivie pour avoir tardé à suspendre la commercialisation du Mediator en dépit d'alertes répétées sur sa dangerosité, l'accusation a demandé une amende de 200.000 euros. Pour la procureure, elle a "gravement failli dans sa mission de police sanitaire" en ne se donnant pas "les moyens de percer le flou et le brouillard entretenu pendant des années par les laboratoires Servier". L'ex-Afssaps, jugée pour "homicides et blessures involontaires" par négligence, avait assumé à l'audience une "part de responsabilité" dans le "drame humain" du Mediator.  

Le groupe Servier, en revanche, a réaffirmé tout au long du procès qu'il n'y avait pas eu de "signal de risque identifié" avant 2009 et a soutenu, études à l'appui, que le benfluorex n'a pas d'activité anorexigène chez l'homme. 

Un milliard d'euros de dommages et intérêts ont été réclamés au total par les parties civiles, dont près de la moitié par les caisses d'assurance maladie. Le réquisitoire se poursuit aujourd'hui dans le volet conflits d'intérêts, pour lesquels sont poursuivis plusieurs anciens responsables et experts des autorités de santé. 

Le procès doit s'achever le 6 juillet pour un jugement attendu en 2021. 

[avec AFP] 

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