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A Rennes, le long combat du personnel "pour une psychiatrie humaine"

13/12/2017 Par Aveline Marques
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Le personnel du centre hospitalier Guillaume-Régnier, spécialisé en psychiatrie, entame sa 6e semaine de grève. Les syndicats dénoncent une dégradation des conditions de travail, avec des conséquences sur la prise en charge des patients.

Mardi, une centaine de membres du personnel hospitalier ont défilé entre l'hôpital psychiatrique et l'ARS de Bretagne. Certains brandissaient des pancartes : "Notre combat pour une psychiatrie humaine", "Peut-on économiser l'humanité?", "L'hôpital public mis à mort". A l'issue du rassemblement, des représentants ont été reçus par l'adjoint du directeur de l'ARS. "Il s'est dit optimiste quant au dégel de la réserve prudentielle qui est de près de 532 000 euros. Est-ce qu'on aura tout ou une partie, nous ne savons pas", a expliqué à l'AFP Jacques Mény, secrétaire de Sud-Santé pour l'établissement, qui accueille 30 000 patients par an. Les syndicats espèrent utiliser cette somme pour embaucher du personnel et augmenter le nombre des lits, actuellement limité à 802. Trop souvent, il n'y a qu'un lit pour deux. Récemment, une jeune fille de 16 ans prise en charge après une crise délirante a été renvoyée chez elle faute de lit, "alors qu’un médecin avait réclamé son hospitalisation", témoigne une infirmière dans Le Monde. Et un psychiatre d'évoquer les patients qui "attendent huit heures sur une chaise pour avoir un lit", "les chambres à 15 degrés l’hiver et 30 degrés l’été""les deux douches pour plus de vingt personnes" et les unités sans cour où "les patients ne voient jamais la lumière du jour". "Ils ne se plaignent pas, alors on s’en fout qu’ils souffrent", déplore Sophie, psychologue à l'hôpital. Mais les soignants, eux, culpabilisent face à cette "déshumanisation de la psychiatrie". Alors que l'un d'entre eux venait de faire part de sa détresse, comme tant d'autres avant lui, SUD Santé a décidé "d'agir avant un drame, plutôt qu'après", en lançant un énième mouvement de grève. En attendant le décret débloquant les fonds, la grève sera sans doute reconduite la semaine prochaine. Les membres du personnel qui le peuvent continueront de poser des heures ou des jours, de façon sporadique. [Avec lemonde.fr et AFP]

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