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Les médecins travaillent-ils plus ou moins qu'avant ? Le Gouvernement a lancé une mission

Le Premier ministre a lancé, au début du printemps, une mission sur le temps de travail des médecins, y compris libéraux, et les facteurs susceptibles de l'influencer "dans un contexte de raréfaction de la ressource médicale". 

05/06/2026 Par Aveline Marques
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Faut-il vraiment 2 à 3 jeunes médecins pour remplacer un praticien libéral qui partirait à la retraite, comme on l'entend souvent ces dernières années sans qu'aucune étude chiffrée ne vienne étayer cette affirmation ? La mission confiée par le Premier ministre à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale des finances (IGF) sur le temps de travail des médecins pourrait apporter des éléments de réponse.

"Dans un contexte de raréfaction du temps médical", cette mission, qui concerne aussi bien les hospitaliers que les libéraux, vise à dresser un "état des lieux" du temps de travail effectif des médecins selon leur statut, et de son "évolution", a-t-on appris de source syndicale. 

La mission comprend "deux axes". D'abord, "le recensement et l'analyse des données disponibles relatives au temps de travail et à l'activité des médecins, en ville et à l’hôpital", puis "l'étude de ses évolutions et des facteurs susceptibles de l’influencer" : générations, genre, rémunération, délégation de tâches ou encore évolutions technologiques. 

Contacté par Egora, Matignon n'a pas donné de précisions sur le calendrier. Mais les premières auditions de syndicats et organisations se sont déroulées en mars et avril. En parallèle, l'Igas/IGF a diffusé un questionnaire auprès de tous les médecins des établissements de santé, quel que soit leur statut, y compris les internes. 

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PIERRE DEVALLET
726 points
Incontournable
Chirurgie générale
il y a 2 mois
Le débat est faussé dès la question posée : le pré-supposé - idéologique- est que la médecine ( et surtout sa qualité...) relève d'un système de soins où tous les acteurs participent à la réalisation de tâches, relevant d'activités "chronodéfinies" ,... Bref une production de services définis quantitativement par le temps passé à les réaliser, des processus fondés sur des algorithmes, pouvant être évalués par des "contrôleurs" , des comptables de statistiques totalement incompétents en matière de qualité de soins.. L'idéologie technocratique imprégnant cette conception est d'arriver à "optimiser" cette production ( c'est à dire à la rentabiliser au maximum) , selon la théorie du New Public Management bien ancrée désormais dans la techno-bureaucratie française. Peu importe que la finalité qualitative de l'activité médicale ( qui reste fondamentalement le meilleur soin à chaque patient souffrant, grâce à un dialogue singulier entre deux humains, basé sur la confiance) soit totalement absente de la problématique. En France, c'est le Système et le Nombre qui soignent.... Un de mes associés, chirurgien du rachis, a explosé un soir de 2010 ( déjà !) où il n'avait pas pu opérer son dernier patient, car il allait dépasser son créneau opératoire et l'anesthésiste - pourtant libéral lui-même- ne voulait pas partir trop tard. Revenant au cabinet après s'être "excusé" auprès du patient reporté ( très déçu et mécontent...), il a eu cette formule devenue un véritable aphorisme visionnaire : "en France, certains ont des patients , d'autres des horaires ".... Tout était dit ....
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Michel Rivoal
13,2 k points
Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
Je suis perplexe! quel est le but (et donc l'avenir) de telles missions? Si c'est connaitre enfin la sociologie médicale, on pourrait approuver la démarche même en regrettant qu'elle soit si tardive. Si c'est mesurer un paramètre quantitatif: le temps de travail (?) le temps passé (?), le temps utile (?), le temps nécessaire (?). Alors cette usine à gaz marque un temps révolu du capitalisme taylorien qui évalue la santé comme une chaine de production quantitative, pas très différente de la politique de "l'offre de soins" comme boussole régulatrice qui a conduit à la catastrophe actuelle. Mesdames et messieurs les politiques et tutelles, c'est la société qui a changé. C'est la sociologie engendrée par "votre politique" avec les concentrations "métropolaires" et désertifications territoriales qui a changé le mode de vie et les attentes de la population. Mesurer le temps de travail des médecins ou le nombre de cordonniers dans les supermarchés, vous aidera-t-il à faire votre autocritique et VOTRE propre réforme?
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PIERRE DEVALLET
726 points
Incontournable
Chirurgie générale
il y a 1 mois
L'analyse des commentaires est elle-même intéressante... - Je ne sais pas si je "maitrise" bien "les concepts" d'engagement et de responsabilité, mais j'ai passé une grande partie de mon "temps libre", pendant 40 ans, et dès l'Internat ( le "vrai" .., sélectif, passé en 1978) à défendre mes confrères , et l'éthique médicale ( à côté d'une activité libérale à temps plein- ancienne formule, celle qui finit plus souvent à 20h qu'à 17h30, avec une garde pour les urgences ( si , si) 1 jour sur 2 ou 3) , et j'ai réalisé plusieurs centaines d'expertises judiciaires en responsabilité.... Et figurez-vous que j'ai même trouvé le temps d'avoir trois enfants et de faire du sport ! et je suis toujours marié ! - En revanche, je sais ce que les mots veulent dire.... Apparemment , la priorité de mon contradicteur est la santé .... des médecins ( "il est SAIN de rechercher un équilibre..." etc...) , la mienne a plutôt été d'être disponible au maximum ( mais pas sans limites..) pour la santé des patients qui me faisaient confiance... En fait cette réaction de critique personnelle apporte de l'eau à mon moulin d'analyse de l'évolution de mes jeunes confrères des générations X, Y et Z : les références princeps de ma génération ( qui était loin d'être parfaite et vertueuse..) étaient le serment d'Hippocrate ( qui n'a plus de serment que le nom...) et le Code de déontologie ( qui sait encore que "déontologie" fait référence aux devoirs des médecins...?). Visiblement, les références des jeunes générations sont plutôt le Code du Travail ( pour les "droits des médecins..), et la loi pour les droits des patients de 2002 pour les citoyens qui sont , bien sûr , des victimes potentielles de l'arrogance , surtout bien sûr, de ces prétentieux bouffis d'ego que sont les chirurgiens... CQFD.... Dormez, braves gens ....!
 
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