Les chirurgiens-dentistes en grève toute la semaine

27/11/2017 Par Catherine le Borgne
Paramédicaux

Deux syndicats dentaires appellent à la fermeture des cabinets jusqu'à vendredi prochain. Ils veulent peser sur les négociations conventionnelles en cours devant aboutir à un reste à charge zéro sur les prothèses dentaires, promesse du président de la République. 

Alors que la problématique du reste à charge zéro pour les prothèses dentaires et auditives ainsi que pour les lunettes est au cœur des préoccupations du gouvernement et des discussions avec les mutuelles et assurances privées, deux syndicats dentaires, la CNSD et UD (union dentaire), ont appelé la profession à faire grève jusqu'au 1er décembre prochain. Pour ces professionnels, ce sera le deuxième appel à la grève de l'année. C'est la reprise de la négociation sur la grille tarifaire, qui est au cœur du problème, puisque Agnès Buzyn veut y inclure le principe d'un reste à charge zéro pour les prothèses dentaires, d'ici 2022. Mais les dentistes redoutent que ces négociations se fassent à leur détriment et sans contreparties. Pour arriver à zéro reste à charge, le gouvernement veut notamment plafonner le prix des actes les plus chers, comme l'orthodontie ou la pause de prothèses. Or, les tarifs mis sur la table sont "intenables", dénonce Marc Sabek, dentiste à Tours. Il pointe notamment les prix évoqués pour les patients bénéficiaires de la CMU. "Les tarifs souhaités pour une prothèse sont en-dessous du prix de fabrication. On ne peut même pas payer le prothésiste, alors qu'il y a encore nos salaires, nos charges, et nos assistants. Économiquement, c'est insoutenable", lâche-t-il. L'équilibre économique des cabinets dentaires repose sur la réalisation d'actes onéreux, et souvent mal remboursés par l'assurance maladie, alors que les interventions de base, comme le détartrage ou le traitement des caries, se pratiquent souvent à prix coutant. "Si le gouvernement veut nous mettre à contribution, il va donc falloir compenser", expose Catherine Mojaïsky, présidente de la Confédération Nationale des Syndicats Dentaires. "Si on veut remettre ces actes de base à leur juste valeur, il faudrait au moins les doubler. C'est 2 à 3 milliards d'euros, et la Sécu ne les a pas. On nous promet 800 millions sur quatre ans. C'est insuffisant", repousse- t-elle. La ministre de la Santé espère toujours un accord avant l'été. Les négociations seront très dures. [Avec europe1.fr ]

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