Hyperparathyroïdie primaire : 2% des femmes après la ménopause, notamment celles consommant peu de calcium

08/11/2012 Par Pr Philippe Chanson

L’hyperparathyroïdie primaire est la cause la plus fréquente d’hypercalcémie. Jusqu’à 2 % des femmes après la ménopause pourraient avoir une hyperparathyroïdie primaire ; toutefois, on connaît mal les facteurs de risque d’hyperparathyroïdie primaire. Certaines pathologies héréditaires comme les néoplasies endocriniennes multiples ou l’irradiation cervicale exposent, mais pour un très faible nombre de cas, à l’hyperparathyroïdie primaire. Les facteurs susceptibles de stimuler la PTH et d’augmenter la probabilité qu’une cellule parathyroïdienne acquiert une mutation somatique puis une prolifération clonale sont donc intéressants à chercher dans ce contexte. Comme on sait que la consommation de calcium influence le niveau de PTH, il était intéressant d’analyser la relation entre la consommation de calcium et le risque d’hyperparathyroïdie primaire. C’est ce qu’a fait une équipe d’épidémiologistes de Boston qui a analysé, dans la cohorte prospective de la Nurses’ Health Study, les relations entre la concentration de calcium et la survenue ultérieure d’une hyperparathyroïdie primaire. Il s’agissait de 58 354 infirmières, enrôlées dans cette étude alors qu’elles avaient 39 à 66 ans en 1986, qui n’avaient pas d’antécédent d’hyperparathyroïdie primaire. Au cours des 22 ans de suivi, 277 cas d’hyperparathyroïdie primaire sont survenus. Les femmes ont été divisées en 5 groupes en fonction de la consommation de calcium alimentaire. Après ajustement pour l’âge, l’IMC, l’origine ethnique et d’autres facteurs, le risque relatif d’hyperparathyroïdie primaire chez les femmes du groupe ayant la consommation de calcium la plus élevée (quintile supérieur) était de 0.56 (IC 95 % : 0.37-0.86, p = 0.009) en comparaison du groupe ayant la consommation la plus basse. Le risque relatif multivarié d’hyperparathyroïdie primaire chez les femmes prenant plus de 500 mg par jour de supplément de calcium en comparaison de celles qui n’en prenaient pas était de 0.81 (IC 95 % : 0.29-0.60, p < 0.001). Lorsque l’analyse était restreinte aux participantes ayant des examens physiques réguliers, il n’y avait pas de changement significatif dans cette association entre la prise de calcium et le risque d’hyperparathyroïdie primaire. En conclusion, il semble donc bien que l’augmentation de la consommation de calcium soit associée de manière indépendante à une réduction du risque d’hyperparathyroïdie primaire chez la femme.

 
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