Nodules thyroïdiens : cela vaut-il la peine de refaire une cytoponction en cas de diagnostic douteux ?

26/10/2021 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme

La cytoponction des nodules thyroïdiens est le meilleur moyen de faire un diagnostic et de prendre la décision d’une intervention. Depuis une dizaine d’années, le développement de la classification cytologique de Bethesda a permis une standardisation des résultats, ce qui a amélioré la prise en charge clinique des patients ayant un nodule thyroïdien. Cependant, la prise de décision continue de poser des problèmes pour les nodules thyroïdiens dont le diagnostic cytologique porté est celui « d’atypie ou de lésion folliculaire de signification indéterminée » (ASI/LFSI ; classe III de la classification de Bethesda). Il est recommandé, dans ces cas, de refaire la cytoponction thyroïdienne en attendant de disposer d’outils moléculaires qui permettront de mieux classer ces lésions. Afin de déterminer la proportion des cytoponctions thyroïdiennes reclassées dans chacune des catégories de Bethesda et d’évaluer les taux de malignité dans chacune de ces catégories lors du contrôle de la cytoponction thyroïdienne après un diagnostic initial d’ASI/LFSI, une revue systématique avec méta-analyse a été faite par une équipe espagnole. Toutes les études publiées ont été extraites, analysées et sur 2937, 27 étaient éligibles pour la méta-analyse. La cytoponction de contrôle a reclassé ces ASI/LFSI dans la catégorie I de Bethesda dans 4 % des cas, dans la catégorie II de Bethesda dans 48 % des cas, dans la catégorie III de Bethesda dans 26 % des cas, dans la catégorie IV de Bethesda dans 4 % des cas, dans la catégorie V de Bethesda dans 5 % des cas, dans la catégorie VI de Bethesda dans 2 % des cas. Les taux de malignité des nodules opérés étaient de 24 % dans la catégorie I, de 4 % dans la catégorie II, de 40 % dans la catégorie III, de 37 % dans la catégorie IV, de 79 % dans la catégorie V et 99 % dans la catégorie VI. Il y avait une hétérogénéité importante des données. En conclusion, la cytoponction répétée après un diagnostic initial, à la 1ère cytoponction, d’atypies ou de lésions folliculaires de signification indéterminée, reclassifie deux tiers des cas dans une catégorie cytologique plus définitive avec un taux de bénignité d’environ 50 % et une valeur prédictive négative > 96 %.

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