Violences sur mineurs : une pétition lancée pour obliger les médecins à les signaler

25/06/2020 Par Louise Claereboudt
Déontologie
Lors d’une séance publique au Sénat le 9 juin dernier, un amendement visant à imposer aux médecins de signaler les privations ou les sévices infligés aux mineurs dès lors que ces violences sont constatées ou soupçonnées a été rejeté. Une pétition a été lancée pour pousser les décideurs politiques à adopter cet amendement. 

C’est un refus de plus essuyé par les défenseurs de cet amendement. Le 23 juillet 2018, la commission mixte paritaire avait déjà rejeté en bloc la modification de l’article 226-14 du Code pénal et donc, de fait, l’adoption de l’obligation de signaler les violences sur mineurs pour les médecins. Depuis, la législation n’a pas évolué, et ce malgré les multiples requêtes de professionnels de santé et d’élus.  Loin de vouloir en rester là, le Dr Catherine Bonnet*, psychiatre d’enfants et d’adolescents, et le Dr Jean-Louis Chabernaud, pédiatre-réanimateur à l'hôpital Antoine-Béclère (AP-HP) ont ainsi lancé une pétition intitulée “Nous réclamons haut et fort que la législation change enfin !” le 19 juin et exigent “qu’une proposition de loi soit déposée afin d’être débattue dans des délais rapides”. Cette pétition a d’ores et déjà recueilli près de 3.000 signatures.  Ils déplorent le “dilemme des médecins” : “Les médecins qui signalent leurs suspicions de violences sexuelles risquent des poursuites et des sanctions… et de l’autre, s’ils ne signalent rien et que les faits sont avérés par la suite, ils risquent également des poursuites pénales”, dénonçait le Dr Bonnet dans une précédente interview pour Egora.  Pour les auteurs de cette pétition, refuser cet amendement revient à nier “l’évidence que l’introduction d’une obligation de signaler dans d’autres législations multiplie par quatre l’identification des enfants victimes de violences, réduit par trois les risques de morts d’enfants, entrave la répétition des violences sur le même enfant et sur d’autres enfants, que ce soit dans un cadre de violence au sein d’un couple, de violences incestueuses, de violences institutionnelles, y compris au sein de l’Eglise”.  *auteure de L’enfant Cassé, l’inceste et la pédophilie (1999), L’enfance muselée, un médecin témoigne (2007).

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

4 débatteurs en ligne4 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2