Bébé mort-né : un médecin et une sage-femme poursuivis pour homicide involontaire

03/06/2021 Par Louise Claereboudt
Faits divers / Justice
Un médecin obstétricien et une sage-femme de l’hôpital de Ploërmel (Morbihan) sont poursuivis pour “homicide involontaire” après la mort in utero d’un bébé en avril 2015. Ils sont accusés d’avoir tardé à prendre en considération les alertes de la mère.
 

“C’est un drame pour toute notre vie”, a confié la mère, ce mercredi 2 juin, face au tribunal. Le 17 avril 2015, après avoir passé une grossesse sans encombres, cette dernière a accouché de son bébé mort-né, à l’hôpital de Ploërmel (Morbihan). Arrivée la veille avec son conjoint en vue de l’accouchement, elle avait pourtant signalé à la sage-femme plusieurs fois durant la nuit que le monitoring bippait, rapporte le Télégramme. Au moment de l’accouchement, cette maman d’une petite fille née en 2012, s’était aussitôt inquiétée de ne pas entendre les pleurs et les cris de son nouveau-né. Le personnel présent lui avait alors expliqué que son enfant était mort in utero, “sans doute en raison d’un cordon ombilical anormalement long, cernant triplement son cou”, indique le quotidien local. La sage-femme, de 52 ans, et le médecin obstétricien, âgé de 57 ans, ont tous deux été poursuivis pour “homicide involontaire”. L’enquête menée à l’issue du décès a montré en effet deux retards de leur part : la sage-femme aurait dû alerter le praticien 1h20 plus tôt et ce dernier a mis 25 minutes avant d’intervenir.

“Le liquide amniotique était clair et le tracé cardiaque de l’enfant était redevenu normal, s’est défendue la sage-femme. La seconde sage-femme de garde a fait la même analyse que moi. J’ai appelé le médecin car la maman avait mal et il y avait eu précédemment ces ralentissements cardiaques. Pour moi, on n’était pas dans une situation d’urgence, je n’ai donc pas déclenché le code rouge du protocole.” “J’ai été appelé deux fois. On me disait que le rythme cardiaque du bébé était moyen. Quand je suis arrivé, j’ai examiné la patiente et j’ai décidé de la césarienne. Il fallait faire vite. Mais il y a eu un délai de quinze minutes avant l’opération. Je ne peux expliquer tout ce temps perdu”, a quant à lui expliqué le médecin. Pour l’avocat des parents, le bébé est “mort-né avec deux heures de retard en raison de l’entêtement de la sage-femme”. “Je n’ai pas été écoutée quand je disais que je ne pouvais pas pousser, que l’enfant ne descendait pas, que je signalais que le monitoring sonnait. Pourquoi l’appel au médecin a été si tardif ? Celui-ci s’est excusé mais la sage-femme ne l’a jamais fait”, déplore la mère. Lors de l’audience, ce mercredi, la procureure de la République a requis une peine de quatre ans de prison avec sursis contre la sage-femme, et la relaxe pour le médecin obstétricien, ce dernier n’ayant, selon elle, “pas commis de faute directe”. L’hôpital a été jugé responsable du décès du bébé en droit administratif.   Le jugement sera rendu le 10 juin.     [avec le Télégramme]

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

4 débatteurs en ligne4 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2