Un médecin régulateur du Samu jugé pour homicide involontaire 

24/05/2021 Par Marion Jort
Faits divers / Justice
Un médecin régulateur du Samu en Savoie a été jugé par le tribunal correctionnel d’Albertville vendredi 30 avril dernier pour homicide involontaire après le décès d’un patient de 54 ans. Le praticien conteste sa faute.  

Les faits remontent au mois de février 2017, en Savoie. Ce matin-là, le corps sans vie d’un homme de 54 ans est retrouvé à son domicile avec, au pied de son lit, une bassine contenant de l’eau mêlée à du sang.  

La veille, la victime avait sollicité le Samu pour signaler des crachats de sang persistant. Mais au téléphone, le médecin régulateur se veut rassurant et conseille à l’homme de consulter le lendemain si les crachats continuent. D’après l’autopsie, il est décédé d’une hémorragie digestive massive.  

Jugé pour homicide involontaire ce vendredi 30 avril, le médecin régulateur de 61 ans, dont 12 ans d’expérience au service des urgences, a été sommé de s’expliquer. “Au téléphone, vous semblez prendre la situation un peu à la légère alors que la victime vous signale des crachats de sang depuis la veille, quand bien même ils s’étaient atténués”, a déclaré la présidente du tribunal correctionnel d’Albertville. Mais le médecin, lui, conteste sa faute, malgré un rapport d'expertise à charge, rendu par le Samu, qui conclut que le décès était largement évitable avec une prise en charge appropriée à l’hôpital.  

“Quand j’ai reçu l’appel, je n’ai pas eu le sentiment que c’était grave car les crachats de sang s’étaient atténués depuis la veille et le patient n’avait pas de douleur. Ce qui ne pouvait pas laisser penser à une situation hémorragique active nécessitant son hospitalisation”, s’est défendu le médecin.  

La procureure a néanmoins pointé une “faute professionnelle grave” et un décès résultant d’une “erreur de diagnostic”. Elle a donc requis un an de prison avec sursis. L’avocat du prévenu a décidé de plaider la relaxe, arguant que le patient avait donné trop peu de détails sur son état. Le jugement sera rendu le 11 juin prochain.  

 [avec le Dauphiné Libéré]  

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