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Maladies respiratoires : toujours trop de comportements à risque

Pollution atmosphérique, tabagisme, vapotage, pollens… : les expositions aux facteurs de risque de maladies respiratoires « restent massives », alerte la Fondation du Souffle, qui appelle notamment à un « accompagnement renforcé » des jeunes et des populations défavorisées.

21/04/2026 Par Dre Marielle Ammouche
Pneumologie
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Près de 10 millions de personnes en France sont touchées par une maladie respiratoire chronique, dont 5,1 millions par la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), 4 millions par l’asthme (dont 2 millions d’enfants), 30 % de la population par une allergie aux pollens... "Beaucoup de ces pathologies sont évitables, en luttant notamment contre le tabac [75 000 morts par an en France] et la pollution atmosphérique [40 000 morts]", a rappelé le Pr Bruno Crestani, chef du service de pneumologie de l’hôpital Bichat (Paris) et président de la Fondation du souffle, lors d’une conférence de presse organisée le 9 avril. L’association y a présenté son 2e baromètre “Regards sur le souffle”, mené auprès d’un millier d’internautes. "35 % rapportent au moins un symptôme de maladie respiratoire, dont 23 % la fatigue à l’effort, 7 % un essoufflement même au repos, 6 % une toux régulière, 6 % des douleurs thoraciques", a relevé le Dr Jean-Philippe Santoni, pneumologue référent prévention à la Fondation.

Inégalités entre milieux sociaux

63 % des répondants déclarent être exposés à au moins un irritant dans leur quotidien : poussières, particules fines, moisissures (42 %), cigarette (37 %), cigarette électronique (30 %), produits chimiques tels que peintures ou vernis (19 %), polluants agricoles (17 %). "Les risques se distribuent différemment selon l’âge, les conditions de vie, l’environnement, les usages et les milieux sociaux", pointe la Fondation. Ils sont accrus chez les catégories socio-professionnelles défavorisées (CSP-) et chez les jeunes adultes (18-24 ans).

Les facteurs de risque – tabagisme, pollution, expositions professionnelles, e-cigarette, changement climatique – sont bien identifiés par les personnes interrogées, de même que les actions préventives… qui ne sont toutefois pas bien respectées. Ainsi, seuls 71 % des répondants disent pratiquer une activité physique au moins 1 fois par semaine, dont 79 % des CSP+ et 65 % des CSP-.

Cigarette et e-cigarette : des usages mixtes

Autre signal inquiétant : la e-cigarette, utilisée par 3 millions de personnes au quotidien. 62 % des vapoteurs mentionnent des symptômes respiratoires contre 44 % de la population générale, notamment un essoufflement (13 % contre 7 %) et une toux régulière (13 % vs 6 %). De plus, 47 % déclarent au moins une maladie respiratoire contre 34 % de la population générale. Loin d’être un outil de sevrage tabagique, la e-cigarette est consommée en plus de la cigarette dans 2 cas sur 3, avec "un risque de renforcer l’addiction", une consommation en intérieur et des expositions passives : 34 % des enfants de vapoteurs souffrent d’au moins une maladie respiratoire contre 20 % des autres enfants. "L’enjeu de prévention est double : accompagner les trajectoires de sevrage lorsqu’elles existent et éviter la banalisation du vapotage notamment chez les plus jeunes", prône la Fondation.

Celle-ci lance la campagne “Respirer sans même y penser” et met à disposition du grand public des outils de repérage, comme le questionnaire en ligne Soufflotest. De son côté, le médecin généraliste est invité à "interroger le patient sur ses habitudes : tabac, environnement, activité physique…" et à procéder à une mesure du souffle avec un spiromètre de poche, "comme on fait une mesure de la pression artérielle", a recommandé le Dr Santoni.

 

Allergies respiratoires : pour une meilleure information, en temps réelle :

"L’allergie est une pandémie, qui touche 30 % de la population mondiale", souligne Pierre Lutz, directeur de recherche CNRS à l’Institut toulousain des maladies infectieuses et inflammatoires. En cause, "la pollution atmosphérique qui génère une agression permanente des poumons et de la peau, le réchauffement climatique qui augmente les périodes de pollinisation, le mode de vie hygiéniste, la perte de biodiversité et l’alimentation ultra-transformée", analyse-t-il.

Le traitement des symptômes doit pouvoir être initié dès le début de l’exposition aux allergènes. Or "il n’y a pas de mesure des pollens en France aujourd’hui" déplore Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au CNRS d’Orléans. Qui plaide "pour revenir à une stratégie de suivi avec de vraies mesures en différents lieux, notamment là où les populations sont les plus exposées, pour donner une information en temps réel aux personnes allergiques".

 

Références :

D’après une conférence de presse de la Fondation du souffle (9 avril).

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