Image générée par IA

Image générée par IA

Le cinéma, un véhicule de promotion des aliments et boissons mauvais pour la santé

02/02/2021 Par Pr Philippe Chanson
Nutrition
Image générée par IA

Image générée par IA

Beaucoup de pays restreignent maintenant les publicités pour les aliments qui ne sont pas bons pour la santé. A l’inverse, les films dont l’effet social est majeur présentent des aliments et des boissons dont la qualité nutritionnelle n’est pas connue et n’est pas régulée et dont l’influence sur les comportements alimentaires des spectateurs est largement sous-estimée.   L’objectif de cette étude qualitative américaine était de comparer le contenu nutritionnel de près de 250 films américains très regardés (les 10 premiers films du box-office produits chaque année entre 1994 et 2018) en fonction d’un système de classification nutritionnelle, des recommandations diététiques et de la consommation actuelle des Américains. Parmi les 9198 aliments et 5748 boissons, c’étaient, d’une part dans les aliments, les snacks et les bonbons (2173, soit 23.6 %), d’autre part parmi les boissons, les boissons alcoolisées (2303, soit 40.1 %), qui étaient les plus souvent filmés. 23 des 127 boissons (18.1 %) des films d’audience générale comportaient de l’alcool. C’était le cas de 268 des 992 boissons (27 %) dans les films plutôt destinés aux adultes, 41.8 % dans les films réservés aux adultes de plus de 13 ans et 509 des 1037, soit 49.1 % dans les films réservés aux personnes de plus de 17 ans. Globalement, 178 des 245 films (72.7 %) mettaient en scène des aliments aux profils nutritionnels considérés comme non bénéfiques à la santé selon des échelles nutritionnelles et 222 des 246 films (90.2 %) avaient également des scores pour les boissons non conformes à la santé, ce qui les aurait fait considérer comme illégaux s’il s’agissait de publicités destinées aux jeunes au Royaume-Uni. Pour les aliments, la plupart des films présentaient des taux de sucre médians ou élevés (93.5 %), des taux de graisses saturées médians ou élevés (84.9 %), des taux de graisses totales médians ou élevés (93.1 %) et à un moindre degré des taux de sodium médians ou élevés (50.2 %). La marque du produit était visible pour 1721 aliments et boissons filmés (11.5 %).

Les aliments comportant une marque identifiable avaient des scores nutritionnels inférieurs aux aliments de marque non identifiable. Globalement, les films dépassaient les taux de graisses saturées pour 2000 calories de 25 %, de sodium pour 2000 calories de 3.9 % et de fibres pour 2000 calories de 45.1 %. Le contenu total en sucre pour 2000 calories des aliments présentés dans les films était 16.1 % supérieur à ce que les Américains consomment en moyenne ; le contenu en alcool pour 2000 calories des boissons était lui de 313 % supérieur. Aucun des scores nutritionnels des aliments ou des boissons ne s'est amélioré avec le temps ou dans les films ciblant les publics plus jeunes. Cette étude suggère donc que les films américains populaires mettent en scène des aliments et des boissons ne se conformant pas aux recommandations nationales diététiques. Il n’y a donc pas que dans la publicité que sont présentés des « modèles » de nutrition mauvais pour la Santé : c’est aussi vrai pour ce média très populaire qu’est le cinéma !

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Non

Supprimer le remboursement des spécialités à SMR faible est une fausse bonne idée. D'une part parce que le coût pour la sécu est... Lire plus

3 débatteurs en ligne3 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3