@Giovanni Cancemi/stock.adobe.com
Ebola : un premier cas identifié en France chez un médecin de retour de RDC
Un premier cas de maladie à virus Ebola a été confirmé ce jour par les autorités sanitaires françaises. Il s'agit d'un médecin humanitaire de retour de République démocratique du Congo (RDC). Il a été pris en charge selon le protocole strict en vigueur, et est dans un état stable, selon le ministère de la Santé.
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Ce médecin a pris hier, 23 juin, un avion de ligne depuis Kinshasa. Il était quasi asymptomatique, ne présentant initialement que quelques céphalées. Mais il semble que son état se soit légèrement dégradé pendant le vol, informe le ministère.
Il a été pris en charge immédiatement, "dans un établissement de santé de référence [Bichat, NDLR], selon des protocoles stricts de sécurité biologique (chambre à pression négative, équipements et protocoles dédiés)". Il a été immédiatement placé dans une chambre à double flux, et toutes les consignes sanitaires ont été respectées, assure une source ministérielle.
Son état est actuellement "stable". Interrogé par l'AFP, le ministère indique que le cas a été identifié en métropole.
Concernant le risque de transmission, le patient a été mis à l'isolement dès son arrivée sur le sol français avec notamment un transfert sécurisé. Et le ministère informe que sa charge virale est "très faible". En outre, une enquête épidémiologique est en cours afin d'identifier tous les cas contacts. Ces personnes "effectueront un isolement à domicile de 21 jours [délai maximal de la phase d'incubation] et bénéficieront d’une surveillance attentive durant cette période", précise le ministère.
Il rappelle cependant que "le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé faible le risque d'infection pour les résidents européens et les voyageurs se rendant en zone de circulation active, et très faible pour la population générale européenne". Et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère que le risque pour la santé publique demeure "faible" à l'échelle mondiale, y compris en France, a-t-elle indiqué mercredi.
Le virus ne se transmet en effet qu'en présence de symptômes. Les modes de transmission sont via les fluides corporels (sang, salive, urine, sperme, lait maternel, sueur, selles et les vomissures), les corps des personnes décédées de Ebola, des objets contaminés, et la viande de brousse issue de la faune sauvage.
C'est la première fois qu'un cas d'Ebola est diagnostiqué en France. En 2014, lors d'une importante épidémie en Afrique de l'Ouest, deux patients avaient été accueillis sur le territoire français, mais après avoir été diagnostiqués à l'étranger. Quelques cas avaient, en revanche, été détectés à l'époque sur les sols américain ou britannique.
De son côté, l'ONG Alima, pour laquelle travaillait le médecin, a dit chercher à "comprendre comment la contamination a pu avoir lieu" alors que les travailleurs humanitaires sont normalement enjoints à une quarantaine de trois semaines après avoir été en contact avec des cas infectés. "Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes", assure Alima dans un communiqué.
Selon les derniers chiffres officiels, 1 048 cas ont été recensés dont 267 décès, lors de cette épidémie qui touche la RDC et l'Ouganda, et est liée à la souche Bundibugyo d’Ebola, pour laquelle il n'existe pour le moment aucun vaccin ni traitement. Mais, selon de nombreux experts, ces chiffres sont probablement largement sous-estimés. Et l'OMS, qui en a fait une urgence de santé publique, avait indiqué mi-juin que la transmission de l'épidémie s'accélérait en RDC malgré le renforcement des mesures de riposte sanitaire.
Références :
Ministère de la Santé (24 juin). Avec AFP
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