Cancer du col utérin : promouvoir l'autoprélèvement pour renforcer le dépistage
A l’occasion de la 20e semaine européenne de prévention et de dépistage des cancers du col de l'utérus, du 26 au 31 janvier, les experts appellent à renforcer la participation au dépistage organisé en particulier chez les femmes de plus de 50 ans.
Grâce aux modalités actuelles de dépistage et de diagnostic précoce, le cancer du col de l'utérus est dans la grande majorité des cas évitable. A l'occasion de la 20e semaine européenne de prévention et de dépistage des cancers du col de l'utérus, du 26 au 31 janvier, l’ensemble des spécialistes et des parties concernées par ce cancer réaffirment l’importance de renforcer ces outils de prévention - que sont la vaccination et le programme organisé de dépistage -, qui ont prouvé leur efficacité.
Il s’agit de réduire la morbimortalité de ce cancer qui était encore à l’origine de 3 159 nouveaux cas diagnostiqués en 2023 et d’environ 1 100 décès par an (836 décès en 2022).
Renforcer le dépistage
Les derniers chiffres de Santé publique France confirment, en effet, l'insuffisance de la participation au dépistage : en 2024, 40% des femmes ne réalisaient pas ce dépistage régulièrement.
Pour améliorer ce taux, la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) souhaite promouvoir l'auto-prélèvement vaginal, qui constitue "une modalité alternative", écrit-elle dans un communiqué daté du 15 janvier. Pour ce faire, elle propose qu'un kit soit adressé lors de la seconde relance chez les femmes de plus de 30 ans n'ayant pas répondu aux invitations à se faire dépister. En cas de test HPV-HR positif, il faudrait qu'il soit complété par un prélèvement cervico-utérin réalisé chez un professionnel de santé ; une modalité qui "reste indispensable pour la suite du parcours et en particulier avant d’indiquer une colposcopie", précise la SFCPCV.
Grâce au dépistage, 32 000 lésions précancéreuses sont détectées chaque année. Et lorsque cet examen est effectué régulièrement, il permet d'éviter 9 cancers du col de l’utérus sur 10. "Si un cancer est détecté tôt, les chances de guérison seront plus importantes. Par ailleurs, les traitements pourront être moins lourds avec moins de séquelles. Par exemple, la fertilité pourra être mieux préservée", rappelle l’Institut national du cancer (INCa), dans un communiqué daté du 14 janvier.
Focus sur les plus de 50 ans
L'Institut cible en particulier les femmes de plus de 50 ans qui semblent moins se sentir concernées, et dont le suivi gynécologique peut être moins régulier que chez les femmes plus jeunes. Or, le maintien de cette prévention est fondamental. "Il est important de rappeler que le cancer du col de l'utérus se développe très lentement. Il peut apparaître plus d'une dizaine d'années après l’infection par un virus HPV. Aussi, réaliser l'examen dans les intervalles recommandés, de 25 à 65 ans, permet de lutter efficacement contre ce cancer", insiste l'INCa.
Fort de tous ces arguments, l'INCa rappelle que les femmes peuvent se rendre sur le site jefaismondepistage.fr pour prendre rendez-vous auprès de leur professionnel de santé.
Vers l'élimination
L’objectif final est, au niveau international, l'élimination de ce cancer. Pour cela, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s'est fixé les chiffres de "90%-70%-90%", soit un taux de vaccination de 90%, de dépistage performant de 70%, et de prise en charge adaptée de 90% à l’horizon 2030.
Références :
D’après des communiqués de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (15 janvier) et du ministère de la Santé et de l’Institut national du cancer (14 janvier).
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