FMC : 10 points clésDysthyroïdies : un impact variable sur la fertilité

Fréquentes chez la femmes jeune, l’hyperthyroïdie mais aussi l’hypothyroïdie peuvent avoir des conséquences sur la conception et la grossesse.

10/02/2026 Par Dre Léopoldine Bricaire-Dubreuil
  1. 01
    Point formation n°1

    Les dysfonctions thyroïdiennes et la présence d’une auto-immunité thyroïdienne sont fréquentes chez les femmes en âge de procréer et peuvent être responsables d’anomalies de la fertilité. Des recommandations ont été publiées par l’European Thyroid Association (ETA) en 2021 afin de guider leur prise en charge, et la Haute Autorité de santé (HAS) a émis des recommandations en ce sens en décembre 2022.

  2. 02

    Chez la femme, l’hypothyroïdie vraie induit des dysfonctions ovulatoires et une insuffisance lutéale. Des troubles du cycle sont rapportés chez 25 à 60 % des femmes atteintes d’hypothyroïdie versus 10 % chez des femmes euthyroïdiennes. La grossesse entraîne des variations physiologiques de la fonction thyroïdienne. L’hypothyroïdie maternelle avérée a un impact materno-foetal bien démontré. Pour l’hypothyroïdie fruste, l’impact est moins bien établi. L’hyperthyroïdie est probablement associée à une majoration de l’incidence des troubles du cycle, mais son impact réel sur la fertilité n’est pas clair dans la littérature. Le taux de fausses couches précoces est majoré en cas d’hyperthyroïdie non traitée.

  3. 03

    Chez l’homme, les dysfonctions thyroïdiennes sont moins fréquentes que chez les femmes, mais restent des pathologies fréquentes. Les données sont plus restreintes. Les dysfonctions thyroïdiennes peuvent altérer la qualité du sperme, diminuer la mobilité et la concentration spermatiques.

  4. 04

    En cas de désir de grossesse, la HAS recommande de proposer un dépistage de la fonction thyroïdienne par un dosage de TSH ciblé chez les femmes à risque : 

    • antécédent personnel de dysthyroïdie ; 
    • antécédent personnel de diabète de type 1 ou de maladie auto-immune ; 
    • positivité des anticorps anti-TPO connue ; 
    • goitre ; 
    • antécédent de radiothérapie cervicale ou de chirurgie thyroïdienne ; 
    • antécédent familial de dysthyroïdie (premier degré) ; 
    • âge de plus de 35 ans ; 
    • IMC supérieur à 40 kg/m² ; 
    • traitement par amiodarone, lithium ; 
    • antécédents d’accouchement prématuré ; 
    • antécédents de fausses couches, infertilité et recours à une procédure d’AMP.
  5. 05

    Un dosage des anticorps antithyropéroxydase est recommandé si la TSH est inférieure à 2,5 mUI/l.

  6. 06

    En cas de TSH supérieure à 4 mUI/l et inférieure ou égale à 10 mUI/l, il est recommandé de renouveler le dosage à quatre semaines pour distinguer une valeur pathologique d’une perturbation transitoire. Si la TSH est confirmée haute, il est préconisé de doser la T4L (dosage en cascade). En cas de TSH supérieure à 10 mUI/l (situation d’hypothyroïdie avérée), il faut doser la T4L (dosage en cascade sur le prélèvement initial).

  7. 07

    Le traitement de référence est la monothérapie par lévothyroxine (LT4), la liothyronine (LT3) est contre-indiquée chez la femme enceinte et l’association de la LT4 à la LT3 est déconseillée en cas de grossesse ou de désir de grossesse.

  8. 08
    Point formation n°8

    Il est recommandé de traiter rapidement une hypothyroïdie avérée (> 10 mUI/l).
    En cas de TSH de plus de 4 mUI/l confirmée, il est recommandé d’initier un traitement.
    En cas de TSH supérieure à 2,5 mUI/l et inférieure à 4 mUI/l, l’initiation d’un traitement par LT4 est à discuter (avis spécialisé) dans le cadre d’une décision médicale partagée :

    • en cas de parcours d’AMP indépendamment du statut en anticorps anti-TPO ; 
    • en cas d’antécédents de fausses couches et d’anticorps anti-TPO positifs.
  9. 09

    Il est recommandé d’adapter le traitement substitutif afin d’obtenir une concentration moyenne de TSH entre le seuil inférieur de l’intervalle de référence et 2,5 mUI/l.
    Il semble que le maintien strict d’une TSH à moins de 2,5 mUI/l avant la conception n’améliore pas les résultats de l’AMP et n’ait pas d’impact sur la fertilité.
    Chez les femmes non traitées par LT4, en cas de TSH de plus de 2,5 mUI/l (et < à 4 mUI/l) et d’anticorps anti-TPO positifs, il est recommandé de renforcer la surveillance de la TSH tous les trois à six mois en l’absence de signes cliniques, compte tenu du risque évolutif vers une hypothyroïdie. Cette démarche permet d’éviter qu’une grossesse débute chez une patiente ayant une TSH déjà élevée méconnue.

  10. 10

    En cas d’hyperthyroïdie avérée (TSH < 0,3 mUI/l et T4L/T3L élevées), la patiente sera adressée pour prise en charge spécialisée, avant de débuter une prise en charge en AMP.
    En cas d’hyperthyroïdie infraclinique (TSH < 0,3 mUI/l et T4L/T3L normales), une prise en charge en AMP peut être entreprise selon la prise en charge habituelle.

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