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"Ne rajoutons pas une sanction économique à celle de la maladie" : plusieurs syndicats médicaux s'opposent au doublement des plafonds de franchise

Alors que le Gouvernement a acté la semaine dernière le doublement du plafond annuel des franchises sur les boites de médicaments et des participations forfaitaires sur les consultations, les syndicats MG France et l'UFML dénoncent une "mesure dangereuse et inefficace" qui "remet en cause le fondement même de l'Assurance maladie". 

27/07/2026 Par Sandy Bonin
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Cinq décrets sont actuellement soumis à la consultation dans l'objectif de diminuer les dépenses de santé. Le premier vise à doubler les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires. Les assurés concernés pourraient payer de leur poche jusqu'à 200 euros par an. Un "petit effort extrêmement mesuré" qui représentera plutôt, en moyenne, 18 euros par an pour un assuré lambda et 49 euros pour les patients en ALD, précise le cabinet du Premier ministre, et qui permettra d'économiser 750 millions d'euros en année pleine. Le montant des franchises restera en revanche inchangé, tout comme les plafonds journaliers. 18 millions de Français restent exonérés : les mineurs, les femmes enceintes et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S). 

Dans une vidéo diffusée sur LinkedIn, le Dr Jérôme Marty, président de l'UFML, estime qu'il s'agit d'un "dispositif profondément inégalitaire qui remet en cause le fondement même de l'Assurance maladie". Normalement "on cotise selon ses moyens et on perçoit selon ses besoins", poursuit le généraliste. "Là, c'est exactement l'inverse. Plus vous êtes malade, plus vous êtes fragile, plus vous payez. C'est une horreur. Comment peut-on, quand on est médecin, valider ce genre de chose ?", s'emporte-t-il.   

"Les franchises, bien mal nommées, ont pour principal effet de faire payer les patients les plus malades, sans tenir compte de leurs besoins. Au-delà d'une mesure socialement injuste, c'est une mesure dangereuse et inefficace puisque la plupart des études montrent qu'elles ne réduisent pas les coûts de santé, mais diffèrent seulement la dépense en retardant les prises en charge, au prix d'une aggravation des pathologies", abonde MG France dans un communiqué.  

De son côté, le Gouvernement assume d'augmenter le reste à charge pour ceux qui utilisent le plus le système de santé, et qui n'étaient jusqu'alors plus redevables de franchises et participations forfaitaires au-delà de la 50e boite de médicament et de la 25e consultation. Contre le gaspillage et la "surconsommation des soins", l'exécutif mise sur une responsabilisation des patients comme des médecins, appelés à ne plus "empiler les prescriptions" et à davantage prescrire selon les recommandations. 

"Taxer les malades, les plus fragiles c'est une horreur […] Ne rajoutons pas une sanction économique à la sanction de la maladie", appelle Jérôme Marty. MG France met en garde contre "cette dangereuse rupture du pacte social" : "ce coup porté à l'Assurance maladie solidaire aggravera les difficultés des patients sans résoudre la question du financement de la santé en France", conclut le syndicat. 

Dans un communiqué publié ce lundi 27 juillet, Les Libéraux de santé (LDS), qui rassemblent les dix principaux syndicats représentatifs des professions libérales de santé, demandent "le retrait des cinq projets de décret relevant le ticket modérateur sur les soins dentaires, les médicaments, les dispositifs médicaux et les transports sanitaires, au lendemain même de l'annonce d'un doublement des plafonds de franchises et de participations forfaitaires". Ils dénoncent "une méthode et des mesures qu'ils jugent inacceptables".

"Ce précédent ouvre une brèche dont la portée dépasse largement les quatre secteurs aujourd'hui visés : rien n'indique que d'autres pans du soin ne pourront pas, demain, être traités de la même façon, par simple décret et sans discussion préalable. Une nouvelle ère d'insécurité s'installe dans les relations entre l'État, l'Assurance maladie et les syndicats", s'alarment les LDS qui estiment que "ces décrets préfigurent une évolution vers le rationnement des soins que le pays n'a jamais choisie". 

"Décider, en catimini, en plein été, de faire payer aux Français l'addition de quinze années de renoncements budgétaires, ce n'est pas gouverner un système de santé : c'est le démanteler pièce par pièce" s'insurgent  Les Libéraux de santé.

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

VINCENT DIEBOLT

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