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Face aux députés, Edouard Philippe assume sa gestion du Covid, y compris le cafouillage sur le port du masque

Auditionné durant trois heures par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire, l'ancien Premier ministre a défendu son action qui a "permis de sauver beaucoup de vies".
 

"Je pense que la façon dont nous avons géré la crise a permis de sauver beaucoup de vies. Pas toutes. Mais ce serait bien qu'on se le dise un petit peu", a lancé l'ancien chef du Gouvernement devant les députés mercredi. Auditionné dans le cadre de la commission d'enquête de l'Assemblée sur la gestion de la crise du Covid, Edouard Philippe a répondu des décisions prises entre janvier 2020, date des premiers signaux d'alerte, et le déconfinement.

Critiqué pour son attentisme, l'ex Premier ministre a récusé tout retard à l'allumage : "Notre capacité de réaction m'a paru rapide", a-t-il répondu, insistant sur le caractère incertain, partiel et évolutif des informations dont il a disposé pour fonder ses décisions face à un virus jusque-là inconnu.

Face aux députés qui l'interrogeaient sur des erreurs de communication, Edouard Philippe a consenti se trouver rétrospectivement "en porte-à-faux" sur le sujet des masques, après avoir dit "à un 13H de TF1 que le port du masque en population générale n'avait aucun sens". "J'ai tendance à penser qu'en gestion de crise, on a plutôt intérêt à se concentrer sur la décision à prendre plutôt que sur ce qu'il risque de se passer pour moi trois mois après", a-t-il ajouté, disant assumer ses propos. Il considère également que la décision de maintenir les élections municipales était la bonne. Dans le scénario contraire, "je pense qu'à la crise sanitaire dure se serait ajoutée une crise politique très dure", a-t-il justifié.

En revanche, l'ancien chef du Gouvernement a reconnu que les "instruments de planification" (stocks de masque, de médicaments...) n'avaient pas été "totalement adaptés" à la crise et que le dialogue entre les échelons locaux et nationaux n'avait pas été optimal. Il a également regretté l'incapacité collective "à avoir un débat public ordonné autour des questions médicales et scientifiques". "Je suis convaincu que l'invective permanente, la critique violente sur des questions complexes et incertaines, a considérablement nui à la façon dont nos concitoyens pouvaient appréhender la part du combat qui dépendait d'eux", a-t-il déploré.

L'ancien locataire de Matignon, qui fait l'objet avec d'autres décideurs d'une enquête de la Cour de justice de la République, a enfin assuré avoir nourri "des vraies angoisses pendant cette crise". "Quand vous avez des directeurs d'hôpitaux qui vous disent 'dans 36 heures, j'ai plus de curare et j'ai un service de réanimation plein', vous n'êtes pas exactement détendu."

 

[avec AFP]

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