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"Environ 1000 décès supplémentaires" : le premier bilan humain de la canicule en France
Si la vigilance rouge a été levée dans tous les départements, les fortes chaleurs pourraient bientôt être de retour. Le Premier ministre Sébastien Lecornu préside ce lundi une nouvelle cellule interministérielle de crise pour faire le "bilan" et tirer un "retour d'expérience" de l'épisode caniculaire qui s'achève.
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La température a enfin baissé ce lundi 29 juin. À ce jour, plus aucun département n’est en vigilance rouge, mais 22 restent en vigilance orange canicule. En Europe, cette vague de chaleur, la "plus intense" jamais mesurée dans le pays selon Météo France, a fait plus de 1300 morts selon l'OMS. En France, Santé publique France a comptabilisé entre mercredi et dimanche "environ 1.000 décès supplémentaires" par rapport aux mois précédents, selon un bilan provisoire.
Cet épisode caniculaire "dépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée", indique Météo-France. Ce dernier avait causé quelque 15.000 morts. Mais "on ne sera pas probablement dans la même situation d'un point de vue sanitaire", on n'aura "probablement pas la même surmortalité", a estimé dimanche sur BFMTV Stéphanie Rist, ministre de la Santé.
Depuis le 18 juin, les interventions des secours ont augmenté de 20% par rapport à la même période de l'année dernière, précise le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, cité par l’AFP. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a évoqué une activité des urgences "exceptionnellement élevée" la semaine dernière, avant d'annoncer dimanche, une baisse des passages aux urgences (-10%) et des appels au Samu (-9%) par rapport à samedi.
Concernant l'activité des Samu-SAS, elle reste sur "un plateau" élevé en raison de la canicule - plus du double du nombre d'appels habituel - mais "c'est sous contrôle", a indiqué lundi la Dre Agnès Ricard-Hibon, porte-parole du syndicat Samu-Urgences de France, priant les patients d'appeler le 15 "tôt, dès les premiers symptômes".
"Les professionnels sont très sous tension, c'est vrai, mais on n'est pas à un point de rupture au niveau du Samu, on est à un plateau aujourd'hui, à peu près de +50-60% du nombre d'appels" et "on sait renforcer nos effectifs et s'organiser", a-t-elle assuré. Les urgentistes s'attendent à recevoir encore "beaucoup de patients cette semaine, qui ont des défaillances d'organes" parce qu'il existe "un effet retard de la canicule" : "le corps s'adapte" les premiers jours, puis, "au bout d'un certain temps, les capacités d'adaptation sont dépassées" et "le cerveau, le cœur, le foie, les reins, le tube digestif, la coagulation, commencent à défaillir", a-t-elle expliqué. Le cas est alors "beaucoup plus difficile" à traiter.
Il faut donc continuer d'appeler le 15, "dès le début des symptômes" pour arriver à "limiter la hausse de température" du corps et "les défaillances d'organes", a-t-elle poursuivi. Ces symptômes ressemblent "un petit peu à l'ivresse (...) ce sont des maux de tête, des vertiges, la lenteur de l'idée, c'est de la confusion", ou encore "des nausées, des vomissements", a-t-elle rappelé. Agnès Ricard-Hibon a, par ailleurs, estimé nécessaire de déprogrammer des interventions non urgentes pour libérer des places d'hospitalisation et décharger les urgences, où les patients stagnent.
Cellule de crise
Sébastien Lecornu, le Premier ministre, va présider, en fin d'après-midi, une nouvelle cellule interministérielle de crise. Il s'agira de faire le "bilan" et tirer un "retour d'expérience" de l'épisode caniculaire qui s'achève, mais aussi de s'atteler à la "préparation" et à "l'anticipation d'éventuels nouveaux épisodes", a fait savoir Matignon. Météo-France indique que pour la semaine du 6 au 13 juillet, "le scénario de fortes chaleurs sur le pays devient plus probable", même si leur intensité "reste à ce stade incertaine".
Malgré tout, les effets sanitaires de cette canicule - déshydratations, décompensations de maladies chroniques, report d'opérations non urgentes - "restent devant nous", avaient prévenu samedi les services du Premier ministre. Dans les funérariums, on constate "une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions", expliquait samedi Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire (FNF), cité par l’AFP.
Face à la hausse de la mortalité dans l'agglomération parisienne, "des solutions temporaires visant à accroître les capacités des services funéraires et de l'IML (l'Institut médico-légal, NDLR)" sont "disponibles", a indiqué à l'AFP la préfecture de police. Dans le volet des mesures, le Premier ministre a annoncé vendredi une commande de 30.000 climatiseurs pour les hôpitaux.
[Avec AFP]
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