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"Des soignants vont se retrouver sans ressources" : un généraliste appelle Véran à adoucir l’obligation vaccinale

Dans une lettre diffusée sur ses réseaux sociaux, un médecin généraliste de Biarritz interpelle le ministre de la Santé sur l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale des professionnels de santé qui pourrait, selon lui, donner "un faux sentiment de sécurité" et entraîner départs et perte de ressources pour les soignants.

 

"Les soignants méritent mieux qu'une injonction vaccinale sous peine de privation d’activité, de perte de salaire et de menace d’emprisonnement." A moins d’une semaine de l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour les professionnels de santé, le Dr Guillaume Barucq, médecin généraliste à Biarritz, a souhaité interpeller le ministre de la Santé sur "le faux sentiment de sécurité" que donne cette mesure, mise en place dans le cadre de la loi relative à la gestion de crise sanitaire promulguée le 5 août.

Dans une lettre qu’il publie sur ses réseaux sociaux, le praticien estime que "considérer la vaccination obligatoire des soignants comme une protection garantie des patients est au moins une contrainte illusoire, au pire risquée", compte tenu, selon lui, de la propagation du variant Delta – qui compromet l’espoir d’une immunité collective acquise grâce à la vaccination de masse, et des clusters qui ont été identifiés dans des lieux où le pass sanitaire est requis (hôpitaux, bars, discothèques).

Le généraliste alerte par ailleurs sur les conséquences que pourraient avoir la suspension des soignants non vaccinés sur leur vie et celle de leurs patients : "Des soignants vont se retrouver sans ressources, d’autres vont changer d’orientation, d’autres vont prendre leur retraite prématurément. C’est d’autant plus grave que nous connaissons déjà une pénurie dans l’offre de soins et que nous peinons à recruter soignants et médecins", justifie-t-il.

Après le 15 septembre, en effet, les professionnels de santé qui n’auraient pas reçu une première injection de vaccin contre le Covid risquent des sanctions : suspension des remboursements par l'Assurance maladie, mises en demeure, interdiction d'exercice, etc.

"J’ai pu mesurer cette détresse par les témoignages désemparés reçus de médecins, dentistes, pharmaciens, kinésithérapeutes, infirmiers, aides-soignants, psychologues, orthophonistes, étudiants… Une minorité silencieuse peut-être, mais qui mérite d'être entendue", écrit le médecin à Olivier Véran, expliquant que ces derniers ont "avant tout besoin de mesures efficientes pour les protéger" (aération optimisée des locaux, masques à disposition, bonnes conditions de travail...)

 

Un délai supplémentaire

Alors que 93% des soignants libéraux sont primo-vaccinés, "pourquoi ne pas reprendre une approche plus souple avec les autres ?" se demande le praticien qui suggère une série de mesures au ministre, comme laisser "un délai au-delà des dates butoirs" aux réfractaires en leur proposant de réaliser "des tests réguliers", "encourager la vaccination ciblée" des personnes et laisser aux médecins traitants […] d’apprécier individuellement les contre-indications sans les verrouiller par décret".

"C’est par la pédagogie, des mesures basées sur la science et le respect du choix éclairé des patients/soignants que nous parviendrons à atteindre les objectifs de réduction des risques qui ne sauraient faire appel qu’à une seule obligation vaccinale autoritaire", estime-t-il, ajoutant que "pas un soignant ne devrait manquer à l’appel au 15 septembre pour affronter la saison hivernale qui nous attend".

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