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G à 25 euros : bugs à la pelle chez les généralistes

Faute d'anticipation ? Retards à l'allumage ? La colère monte chez les médecins généralistes qui n'ont pas pu répercuter la transformation du C en G à 25 euros, le 1er mai dernier, faute de logiciels mis à jour par leurs éditeurs ou de lecteur Sesam Vital agréé par la CNAM.  Ils se déchaînent sur la toile car la facture risque d'être lourde.

 

Depuis le 1er mai dernier, le C est devenu G, et atteint la somme symbolique de 25 euros. Que du bonheur ? Pas pour tout le monde. Dans les rangs des médecins généralistes, ce sont des paroles exaspérées qui s'échangent sur certains forums. En cause, des logiciels qui n'ont pas été mis à jour automatiquement par les éditeurs le 1er mai, refusent la facturation et demandent un complément de licence, évidemment payant, pour intégrer les modifications. De plus, certains lecteurs de carte Vitale – domaine réservé de la CNAM – ne reconnaissent pas le G. Des mises à jour manuelles peuvent débloquer le problème, mais pas toujours….  "Ces voleurs nous facturent le changement d'une lettre, la pilule a du mal à passer", témoigne un médecin généraliste sur le groupe Facebook des "Médecins ne sont pas des pigeons", en brocardant les éditeurs de logiciels. "Bienvenu dans le club, même chose pour moi", lui répond une consoeur qui en a gros sur le cœur, elle aussi.  

 

"Il faut supprimer les actes obsolètes"

 

Certains praticiens, plus geeks que d'autres, donnent des conseils. "Je suis sous Medigest/Crossway, informe ce MG. Sur la page d'accueil du logiciel, s'affichent les modifications à faire. Il suffit de télécharger (gratuitement) une

mise à jour puis l'installer en 2 minutes, c'est fait (….) Il faut tester avec la carte vitale pour être sûr que le G est pris en compte", explique-t-il. "Mon logiciel s'est mis à jour tout seul", triomphe un généraliste, avec un gros smiley.

"Pour Axisanté, la mise à jour a été créée, mais n'a pas supprimé le C, dont il va falloir faire attention car il y aura sûrement des erreurs à venir", intervient cette autre femme médecin. "Il faut supprimer les actes obsolètes", conseille le premier intervenant avant qu'il ne soit critiqué avec humour par une consoeur, qui remarque que "remplacer le C par le G pour coter les consultations, c'était indispensable ! Et d'une logique à toute épreuve ! C'est pour nous rappeler qu'on est des Guignols, avec un G bien sûr'". "Je viens de faire une nouvelle mise à jour qui enlève la case à cocher disant que cet acte était hors nomenclature, maintenant, c'est comme lorsque je cotais un C", informe un généraliste soulagé.

 

Arrêter la télétransmission et repasser aux feuilles de soins papier

 

Une revendication surgit : arrêter la télétransmission et repasser aux feuilles de soins papier (FSP), beaucoup moins prise de tête. "Pas de problèmes avec une feuille de soins papier et un bon crayon, qui écrit aussi vite GS que CS", confirme ce médecin traitant. "Plus de tiers payant", suggère un autre. A condition de ne pas être pressé, pour le paiement par la Cpam, ajoute un troisième. Mais pour un bon nombre, qui ne peut plus poursuivre en FSE (feuilles de soins électroniques), c'est l'envie de mordre qui domine. "Sur Medi 4 000, la mise à jour n'est pas faite, je n'ai pas réussi la manip. Assistance injoignable (37 appels tous décrochés-raccrochés), pas de réponses aux mails"… 

Du coup, tant pis pour le C à 25 euros, ils sont quelques-uns à continuer, malgré eux, à facturer 23 euros. "C'est loupé pour aujourd'hui, et comme je vais terminer ma consultation à 22 heures et que l'on ne peut pas ajouter de cotation", soupire une consoeur. Et cet autre confrère, dépité, qui lance une alerte sur Twitter : "Ma première

facture en tiers payant G ALD, refusée par la MSA !". Manifestement, la fièvre monte.

 

"Acheter un lecteur neuf, c'est au moins 450 euros"

 

"J'ai demandé aux médecins de faire la liste des bugs qu'ils rencontrent. Et je vais me tourner vers Nicolas Revel, le directeur de la CNAM", affirme le Dr Jean-Paul Hamon, le président de la FMF, syndicat signataire de la convention. "La CNAM aurait dû prévoir les incompatibilités de certains lecteurs Sésam-Vitale qui ne sont plus homologués pour la nouvelle nomenclature. Or, racheter un lecteur neuf, c'est au moins 450 euros, et payer aux éditeurs de logiciels les mises à jour qui vont devenir obligatoires avec la nouvelle ROSP, peut monter jusqu'à 1 200 euros", assène-t-il en ne cachant pas qu'il s'agira pour sa centrale, d'un combat syndical. "Les médecins sont furieux et moi aussi !".

Cette évolution de nomenclature a également permis à certains médecins, de mesurer la différence (voulue par la CNAM et Marisol Touraine), existant désormais entre les patients d'un médecin secteur 1 ou signataire de l'OPTAM (ex CAS) et ceux d'un praticien en secteur 2. Tel ce médecin généraliste en honoraires libres, qui témoigne sur Facebook. "Mes patients, eux, vont continuer à être remboursé sur la base de 23 euros au lieu de 25 et je dois continuer à demander 23 euros à mes patients en CMU ou AME, là où mes confrères en secteur 1 facturent 25 euros", souffle-t-il. "C'est bien normal, ça ? Merci qui ? Et les perdants encore une fois, les patients ?"

Selon la convention, ce ne sera que l'année prochaine, en avril 2018, que ce médecin en honoraires libres pourra répercuter la hausse du C sur ses actes pratiqués en secteur 1 strict.  

Mais d'ici-là, les médecins auront eu la joie de se frotter aux innovations de nomenclature, prévues en juillet et octobre prochain pour les praticiens en honoraires conventionnés stricts ou ayant souscrit un OPTAM :  majoration d'urgence (MUT, 5 euros) pour une prise ne charge sans délai des patients en ville ; nouveaux tarifs de consultations ou nouvelles majorations : 15 euros (majoration de régulation), 46 euros (certaines consultations à fort enjeu de santé publique), 60 euros (certaines consultations très complexes) notamment. Bien du plaisir à venir.

On en reparle ?

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