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Prescription infirmière : la HAS émet des réserves sur le projet d'arrêté

Saisie du projet d'arrêté fixant la liste des produits de santé et des examens complémentaires que les infirmières seront autorisées à prescrire et à renouveler, la Haute Autorité de santé a émis un avis favorable… à condition de poser des gardes-fous.

16/06/2026 Par Aveline Marques
Infirmières
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Pris en application de la loi infirmière du 27 juin 2025, ce projet d'arrêté détaille la liste des produits de santé et des examens complémentaires relevant de la compétence générale de "prescription infirmière". 

Pour plus de lisibilité, le texte reprend les prescriptions existantes dans le droit antérieur (vaccinations, contraceptifs oraux, dispositifs médicaux, substituts nicotiniques…). Surtout, il élargit cette compétence de prescription, notamment en matière de prévention et de traitement des plaies, de santé sexuelle, de sevrage tabagique ou de soulagement de la douleur. Il permet ainsi aux IDE de prescrire des antalgiques de palier 1 et d'adapter des posologies "dans le domaine de la prise en charge de la douleur", de prescrire des bas de contention, du matériel d'aide à la détersion, des produits hémostatiques, des champs stériles, des anesthésiques locaux, des contraceptifs d'urgence, des dispositifs de perfusion, etc.

Radio thoracique

Par ailleurs, le texte ouvre un droit de prescription aux IDE en matière d'examens biologiques et radiologiques. Dans le cadre du sevrage tabagique, le projet d'arrêté prévoit la prescription de radiographies thoraciques standards, en cas de signe évocateur de pathologie respiratoire sous-jacente, ou encore la prescription d'un bilan sanguin pour évaluer les facteurs de risques biologiques cardiovasculaires. Les IDE seraient également habilitées à prescrire une NFS et un ionogramme sanguin, une glycémie à jeun ou encore une créatininémie et un HbA1c (pour les diabétiques connus).

Dans son avis, daté du 11 juin, la HAS donne son feu vert, sous conditions d'"ajustements". Elle reprend à son compte de nombreuses réserves émises par les instances médicales (Collège de médecine générale, Ordre, CNP…). Elle considère plus généralement que "les fréquences de prescription doivent être précisées" et "que la responsabilité de l'IDE doit être explicitée". 

Orientation médicale rapide

Elle insiste sur la nécessité d'une "coopération interprofessionnelle structurée", "avec un relais clairement défini" entre professions, et sur la "prise en charge coordonnée par le médecin traitant lorsqu'il s'agit de pathologies chroniques". "Le suivi indirect (résultats biologiques, comptes rendus, courriers) ne doit pas se substituer à une évolution clinique en présentiel", appuie-t-elle. "En l'absence de circuit organisé", le texte doit clarifier "les modalités d'interprétation des résultats et de poursuite de la prise en charge" et ce, "afin d'éviter la redondance d'examens et de consultations, les prescriptions non pertinentes et la fragmentation du parcours de soins". 

La HAS insiste enfin sur la nécessité "pour chaque domaine" de définir et rechercher "les critères d'alerte", "avec obligation d'orientation médicale rapide en cas de symptômes atypiques, d'aggravation ou d'absence d'amélioration" ou de "résultat douteux ou anormal", ainsi que les contre-indications pour les antalgiques, pour certains dispositifs ou produits à risque.

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197 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 1 mois
HAS, CNAM, le système est devenu fou ! On baisse les tarifs des médecins radiologues, angiologues...etc, et dans le même temps "Open bar" pour des prescriptions que nous savons tous au mieux inutiles, au pire portant atteinte à la sécurité des patients. Nous travaillons avec respect tous les jours avec les paramédicaux. Mais qui est assez fou pour croire que faire de la médecine dans toute sa complexité sans la formation ad hoc serait une avancée, ou permettrait une quelconque économie ?
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VieuxDoc Attéré
4,2 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Je me pince pour vérifier que j'ai bien lu. Et aïe ! Les infirmières ont et leur place et leur rôle et il est important et elles connaissent les patients d'une façon complémentaire à la nôtre , mais ne va t'on pas les mettre en difficulté avec cette nouveauté ? Qui va les assurer ??? Il faut aussi leur assurer alors un enseignement plus important en thérapeutique ? Que vont y comprendre les patients ??? Tout ceci avec le plus grand respect envers la profession infirmière+++ qui sont plus près des patients que nous et souvent quotidiennement et dévouées. Et bien mal rémunérées...Nous sommes complémentaires mais pas substituables...est-ce encore pour faire des économies bien mal pensées ?
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DELA LIE
4,3 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
La question de responsabilité est primordiale ! Qui va être responsable des résultats des examens prescrits ? Qui va devoir gérer ? Qui va être responsable de la redondance de ces examens ? Parfois on a pas le retour de ce que nous prescrivons nous même.... Et pas le temps de fouiller le DMP ! Faudra t-il préciser sur les ordonnances "remboursement seulement si un autre professionnel ne l'a pas déjà demandé il y a moins d'un an ?" pour rendre les patients un poil responsable ? Pas d'avance de frais = ressenti comme gratuit = no limit.
 
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