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Prescription infirmière : la HAS émet des réserves sur le projet d'arrêté
Saisie du projet d'arrêté fixant la liste des produits de santé et des examens complémentaires que les infirmières seront autorisées à prescrire et à renouveler, la Haute Autorité de santé a émis un avis favorable… à condition de poser des gardes-fous.
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Pris en application de la loi infirmière du 27 juin 2025, ce projet d'arrêté détaille la liste des produits de santé et des examens complémentaires relevant de la compétence générale de "prescription infirmière".
Pour plus de lisibilité, le texte reprend les prescriptions existantes dans le droit antérieur (vaccinations, contraceptifs oraux, dispositifs médicaux, substituts nicotiniques…). Surtout, il élargit cette compétence de prescription, notamment en matière de prévention et de traitement des plaies, de santé sexuelle, de sevrage tabagique ou de soulagement de la douleur. Il permet ainsi aux IDE de prescrire des antalgiques de palier 1 et d'adapter des posologies "dans le domaine de la prise en charge de la douleur", de prescrire des bas de contention, du matériel d'aide à la détersion, des produits hémostatiques, des champs stériles, des anesthésiques locaux, des contraceptifs d'urgence, des dispositifs de perfusion, etc.
Radio thoracique
Par ailleurs, le texte ouvre un droit de prescription aux IDE en matière d'examens biologiques et radiologiques. Dans le cadre du sevrage tabagique, le projet d'arrêté prévoit la prescription de radiographies thoraciques standards, en cas de signe évocateur de pathologie respiratoire sous-jacente, ou encore la prescription d'un bilan sanguin pour évaluer les facteurs de risques biologiques cardiovasculaires. Les IDE seraient également habilitées à prescrire une NFS et un ionogramme sanguin, une glycémie à jeun ou encore une créatininémie et un HbA1c (pour les diabétiques connus).
Dans son avis, daté du 11 juin, la HAS donne son feu vert, sous conditions d'"ajustements". Elle reprend à son compte de nombreuses réserves émises par les instances médicales (Collège de médecine générale, Ordre, CNP…). Elle considère plus généralement que "les fréquences de prescription doivent être précisées" et "que la responsabilité de l'IDE doit être explicitée".
Orientation médicale rapide
Elle insiste sur la nécessité d'une "coopération interprofessionnelle structurée", "avec un relais clairement défini" entre professions, et sur la "prise en charge coordonnée par le médecin traitant lorsqu'il s'agit de pathologies chroniques". "Le suivi indirect (résultats biologiques, comptes rendus, courriers) ne doit pas se substituer à une évolution clinique en présentiel", appuie-t-elle. "En l'absence de circuit organisé", le texte doit clarifier "les modalités d'interprétation des résultats et de poursuite de la prise en charge" et ce, "afin d'éviter la redondance d'examens et de consultations, les prescriptions non pertinentes et la fragmentation du parcours de soins".
La HAS insiste enfin sur la nécessité "pour chaque domaine" de définir et rechercher "les critères d'alerte", "avec obligation d'orientation médicale rapide en cas de symptômes atypiques, d'aggravation ou d'absence d'amélioration" ou de "résultat douteux ou anormal", ainsi que les contre-indications pour les antalgiques, pour certains dispositifs ou produits à risque.
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