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Troubles bipolaires : l’enjeu du diagnostic précoce

Avec un risque de suicide multiplié par 15, les troubles bipolaires sont la pathologie psychiatrique la plus suicidogène. De plus, le risque de mortalité naturelle prématurée est doublé par rapport à celui de la population générale. Et pourtant, cette pathologie reste mal connue. À l'occasion de la 3e Journée mondiale qui lui est consacrée, jeudi 30 mars, l’association Argos 2001 et la Fondation FondaMental organisent à Paris et en région des manifestations sur le thème "Troubles bipolaires : osons la prévention!".

La maladie bipolaire est grave, avec une souffrance morale considérable : 25% de tentatives de suicide, dont 15% sont fatales. Elle est fréquente : 650.000 à 1,6 million de personnes en sont atteintes en France. Entre un premier épisode et la mise en place d’un traitement régulateur de l’humeur, il s’écoule environ 10 ans, ce qui laisse les patients dans l'errance et retarde la prise en charge. Et ces patients ont 10 à 20 ans d’espérance de vie en moins par rapport à la population générale, en raison principalement du retard au dépistage et au traitement des comorbidités cardio-vasculaires. 30% à 40% des personnes atteintes de troubles bipolaires souffrent en effet d’un syndrome métabolique, d’HTA, d’obésité, de diabète, etc., soit deux fois plus qu’en population générale, et  deux tiers d’entre eux ne reçoivent    pas de traitement pour ces pathologies.

Le repérage en médecine générale est crucial. Seuls un diagnostic précoce et une thérapeutique adaptée permettront d’améliorer le pronostic. Mais, la prise en charge des patients atteints de troubles bipolaires est complexe "du fait de lʼimportante hétérogénéité de leur expression clinique, des comorbidités et de lʼutilisation, qui doit rester prudente, des antidépresseurs et du maniement difficile des thymorégulateurs", écrivait en 2011 le Dr Christian Gay, en avant-propos d’un dossier toujours d’actualité (Concours Médical, 2011, n°7, 519-540). "De plus, le relais du médecin généraliste au spécialiste est loin dʼêtre bien codifié et le partenariat entre les deux le plus souvent inexistant."

Le handicap généré par la maladie (familial, social, professionnel) est majeur. Une étude récente chez 1 300 patients montre que seulement un tiers des bipolaires sont employés à plein temps. Sur le plan affectif, ils sont le plus souvent célibataires ou divorcés.

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