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Biosimilaires : pourquoi les prescriptions peinent à décoller

Les biosimilaires représentent un potentiel d’économie majeur. Cependant, si les prescriptions apparaissent en hausse à l’hôpital, elles restent encore timides en ville. Une première rencontre nationale des biosimilaires a permis de faire le point sur cet enjeu.

Le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a fixé début 2018 lors de l’établissement de la Stratégie nationale de santé 2018-2022 un objectif de 80 % de prescriptions de biosimilaires pour les classes de médicaments concernés à l’horizon 2022. On n’en est pas là, "mais ce marché est en expansion de plus en plus rapide", a souligné Pascal Paubel, pharmacien et professeur associé à l’université Paris-Descartes lors d’une première rencontre nationale des biosimilaires organisée le 8 novembre à Paris par la revue Pharmaceutiques avec le soutien institutionnel de Biogen.

 "Ce marché n’est d’ailleurs pas si récent", a fait remarquer ce spécialiste, puisque les premiers biosimilaires d’érythopoïétine et de filgrastim ont été commercialisés il y a une dizaine d’années avant d’être rejoints par des biosimilaires d’infliximab, d’étanercet, d’insuline glargine, de rituximab IV, trastuzumab IV, et aujourd’hui d’adalimumab. Avec une quarantaine de biosimilaires disposant d’indications, l’Europe est nettement en avance sur les États-Unis, où pas plus d’une dizaine de biosimilaires sont indiqués. Ce qui peut étonner car ce pays avait été à l’origine de l’utilisation des génériques. "Mais, cela s’explique, a rappelé le Dr Jean-David Zeitoun, gastroentérologue à l’hôpital Saint-Antoine de Paris, par un contexte juridique plus favorable sur le vieux continent, la directive européenne sur les biosimilaires datant de 2004." Malgré tout, si le marché des biosimilaires s’est accru de 30 % en 5 ans en France, sa taille - 200 millions d’euros dans l’hexagone, 1 à 2 milliards de dollars dans le monde, et peut-être 12 à 20 milliards d’ici 2020 - reste bien modeste en comparaison de celle des génériques : 150 milliards de dollars actuellement, a admis le Dr Zeitoun. Il est vrai qu’à l’exception du diabète, les maladies concernées, de spécialité hospitalière, concernent encore un nombre restreint de patients : maladies inflammatoires, cancers. Les taux d’utilisation ne sont pas si mauvais en France (autour de 40 %), même s’ils sont moins élevés qu’en Scandinavie ou en Allemagne. Mais, les économies engendrées n’ont pas dépassé 30 millions d’euros en 2017.

 "En France, l’arrivée des biosimilaires ne devrait pas, à la différence de certains pays de l’Est, accroître l’accès aux traitements, qui est déjà assuré", a estimé Valérie Paris, économiste à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). "En revanche, comme les biomédicaments représentent 30 % du marché pharmaceutique, et que les baisses de prix induites par les biosimilaires sont plus importantes que ce qu’on avait imaginé initialement -30 à 40% plutôt que 10 à 15 %", on devrait malgré tout avoir un certain impact économique. En fait, les baisses de prix sont variables selon les conditions d’administration : 80 % parfois après appel d’offres dans des hôpitaux (moins élevées en ville), 24 % pour les biosimilaires d’insuline...

Delphine Champetier de Ribes, directrice de l’offre de soins à la Cnam, a confirmé que l’accroissement d’utilisation de ces médicaments est un enjeu financier non négligeable, "les objectifs d’accroissement des dépenses de santé fixés par l’Ondam étant de 2,5 % pour 2019, alors que les coûts de santé augmentent naturellement de 4 à 5 % par an avec le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et des innovations thérapeutiques".

 

Des interrogations sur le "business model"

Pour autant, des questions d’ordre commercial et éthique concernent ces prescriptions. L’une d’entre elles...

Sources : 
D’après la Première rencontre nationale sur les biosimilaires (Les rencontres Pharmaceutiques), du 8 novembre 2018 à Paris, organisé avec le soutien institutionnel de Biogen.
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