Covid : une augmentation majeure des troubles cérébro et cardiovasculaires après la phase aiguë

21/03/2022 Par Marielle Ammouche
Infectiologie
Les troubles cardiovasculaires survenant au décours d’une phase aigüe d’une infection covid ont été bien établis. Mais ce type de complications du Sars-CoV-2 apparaissent aussi fréquemment en post-aigue. C’est ce que conclut une vaste étude américaine, qui montre que toutes les affections cardiovasculaires sont concernées. Et si certaines relations avec le Covid était bien établies (myocardites, péricardites, affections thrombotiques …) ce n’était pas encore le cas pour d’autres telles que les AVC ou l’insuffisance cardiaque.

Les auteurs de cette étude ont analysé pour cela les données de 153 760 personnes atteintes de Covid entre le 1er mars 2020 et le 15 janvier 2021, issues d’une cohorte américaine d’anciens combattants. Les patients ont été comparées à 2 cohortes témoins de près de 6 millions de participants chacune. Les chercheurs se sont intéressés à la période post-covid allant de 1 mois à 1 an après l’infection initiale. Les résultats montrent qu'au-delà des 30 premiers jours suivant l'infection, les personnes atteintes de covid présentent une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires. En particulier le risque d’AVC était accru de 52% sur la période, celui de affections cardiaques ischémiques de 72% (infarctus de myocarde de 63%), et d’insuffisance cardiaque de 72%. Dans cette étude le risque de myocardites était multiplié par plus de 5 (HR=5,38), et celui de péricardite accru de 85%.  Les troubles du rythme étaient aussi augmentés : +71% pour la fibrillation atriale, +84% pour la tachycardie sinusale ; +84% pour les arythmies ventriculaires.  Enfin les pathologies thromboemboliques étaient aussi fortement augmentées, en particulier le risque d’embolie pulmonaire était presque triplé, et celui de thrombose veineuse était plus que doublé. Les auteurs soulignent que ces risques étaient présents également chez les personnes qui n'ont pas été hospitalisées pendant la phase aiguë de l'infection, même s’ils étaient de plus en plus marqués selon la gravité de l’infection initiale. On les retrouvait aussi chez des personnes n’ayant aucun antécédent cardiovasculaire. Les auteurs concluent que ces affections surviennent de façon « considérable » jusqu’à 1 an après l’infection par le Sars-CoV-2 ; et devraient donc être plus largement et systématiquement prises en compte lors de la surveillance post-covid.

Arrêt maladie : la possibilité de solliciter un deuxième avis auprès d'un confrère spécialiste est-elle une bonne idée ?

Blue GYN

Blue GYN

Non

⚖️ On remarque que pour ceux qui répondent soit OUI soit NON, l'argumentaire est à peu près superposable, le seul spécialiste inco... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2