PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Traitement hormonal de la ménopause : retour à la case départ

en raison de troubles vasomoteurs altérant leur qualité de vie, soit parce qu’elles étaient à risque de développer des complications liées à la carence estrogénique, en particulier une ostéoporose". 

 

Pas de hausse de décès

 

Quinze ans après, ce sont 23 347 femmes qui ont été inclus dans la nouvelle analyse qui vient d’être publiée, avec un suivi cumulé de 18 ans. L’étude a porté sur les taux de mortalité. Au cours de cette période, 7 489 décès ont été enregistrés, 1 088 pendant la phase interventionnelle, 6 401 ensuite. Les auteurs ont montré que le THM n’entrainait pas de hausse de décès. Ainsi, la mortalité totale a été évaluée à 27,1% dans le groupe THM, contre 27,6% dans le groupe placebo. La mortalité cardiovasculaire était de 8,9% sous THM, contre 9% sous placebo ; et celle par cancer de 8,2% versus 8%. Mais plus encore, le THM avait un effet bénéfique dans le groupe des femmes âgées de 50 à 59 ans, entrainant une baisse significative de 31% de la mortalité globale dans cette tranche d’âge. S’y associait une diminution de la mortalité cardio‐vasculaire de 21% et de la mortalité par cancer de 26% même si "compte tenu du nombre relativement faible de cas, ces baisses ne sont pas statistiquement significatives",  précise le Pr Patrice Lopes (Nantes).

 

Un effet préventif cardiovasculaire

 

Ces données sont cohérentes avec de précédentes études issues de WHI qui avaient déjà montré que l’augmentation du risque d’infarctus du myocarde n’était significative que chez les femmes ayant débuté leur traitement plus de 20 ans après le début de leur ménopause. A l’inverse, ce risque n’était pas majoré, mais plutôt diminué dans certains sous‐groupes quand le THM avait été commencé dans les 10 premières années de la ménopause, attestant l’existence d’une fenêtre thérapeutique. Cette notion a aussi été confirmée par plusieurs grands essais. Ainsi, l’étude danoise randomisée Dops (BMJ 2012;345:e6409) a montré un bénéfice cardiovasculaire sans augmentation de l’incidence de pathologies malignes, chez des femmes de 45 à 58 ans suivies pendant 16 ans. D’autres données favorables ont été amenés récemment par l’étude Elite (N Engl J Med 2016;374:1221‐31), qui a comparé deux groupes de femmes : un groupe avec des participantes âgées en moyenne de 55,4 ans dont l’ancienneté de la ménopause était de 3,5 ans (groupe 1), et un autre dans lequel les femmes étaient âgées de 63,5 ans en moyenne avec une ménopause remontait à 14 ans (groupe 2). Le principal critère d'étude était la mesure de l'épaisseur intima‐média (IMT). Il ressort de cette étude que...

Sources : 

Congrès du Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal, 23 novembre 2017

JAMA 2017; 318:927‐38

JAMA 2002 ; 288 : 321‐333.

https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2653735

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…