Les caractéristiques préconceptionnelles des femmes ayant un syndrome des ovaires polykystiques prédisent les complications obstétricales et néonatales

21/03/2019 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme Gynécologie-Obstétrique
Les femmes qui ont un syndrome des ovaires polykystiques ont un risque accru de complications obstétricales et périnatales. Cependant, on connaît mal quelles caractéristiques des SOPK favorisent la survenue de ces complications. Les données de deux études de cohorte prospectives hollandaises, réalisées entre janvier 2004 et janvier 2014, ont été reliées aux registres nationaux périnataux hollandais. Deux centres médicaux universitaires hollandais, l’un à Utrecht et l’autre à Rotterdam, ont participé à l’étude. 2 768 femmes ayant un diagnostic de SOPK ont été incluses. Les patients avaient un dépistage pré-conceptionnel standardisé extensif.

1 715 femmes ayant un SOPK ont été identifiées (62 %) comme ayant mené une grossesse avec une naissance vivante alors qu’elles avaient été évaluées en pré-conceptionnel. L’index d’androgènes libres avant la grossesse était associé à la survenue ultérieure d’une pré-éclampsie (OR = 1.1 ; IC 95 % = 1-1.1). La glycémie à jeun (OR = 1.4 ; 1.2 à 1.7) et la testostérone (OR = 1.5 ; 1.2 à 1.7) prédisaient l’accouchement prématuré. L’insulinémie à jeun (OR = 1.003 ; 1.001 à 1.005) ainsi que la testostérone (OR = 1.2 ; 1.1 à 1.4) prédisaient les complications quelles qu’elles soient. Le retard de croissance intra-utérin n’était prédit que par des caractéristiques non spécifiques du SOPK. En conclusion, les caractéristiques spécifiques du SOPK, principalement l’hyperandrogénie et l’altération de la tolérance au glucose, sont prédictives de complications obstétricales et néonatales. Il faut donc, au minimum, que les femmes qui ont un SOPK avec hyperandrogénie et altération de la tolérance au glucose, soient très surveillées pendant la grossesse pour diminuer le risque de complications maternelles et néonatales.

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