Opérations cardiaques l'après-midi: deux fois moins de risque de complications

27/10/2017 Par Sandy Bonin
Recherche

Une étude publiée vendredi dans The Lancet relève que le risque de développer de graves complications après une opération cardiaque est deux fois moins élevé quand la chirurgie a lieu l'après-midi que le matin, en raison de l'horloge biologique.

"La chirurgie cardiaque est sûre avec très peu de complication de manière globale, mais quand on regarde dans le détail, il semble que la chirurgie l'après-midi confère une protection au cœur", commente auprès de l'AFP David Montaigne, cardiologue à Lille et coauteur de l'étude. "La compréhension de ce mécanisme permet d'envisager de nouvelles voies thérapeutiques", ajoute-t-il. Environ 20.000 personnes sont opérées chaque année du cœur en France, souvent en lien avec la vieillesse, l'obésité ou le diabète. "Le moment de la journée, donc l'horloge biologique et le rythme circadien influencent la réponse du patient à ce genre d'opération", poursuit le Pr Bart Staels de l'université et du CHRU de Lille, coauteur. "La différence n'est pas négligeable." L'équipe lilloise a surveillé l'évolution de près de 600 patients, tous opérés au CHRU de Lille pour moitié le matin et l'après-midi, pour le remplacement d'une valve cardiaque ou d'un pontage coronarien à coeur ouvert, de janvier 2009 à décembre 2015, sur 500 jours après l'acte chirurgical.  

A lire également : Prix Nobel de médecine : 3 minutes pour tout comprendre

  Il en ressort que les patients opérés l'après-midi ont deux fois moins de risque de développer de graves complications juste après l'opération (9,4%, contre 18,1%), selon les chiffres de l'étude. "Il y a des différences aussi à moyen et long terme", ajoute Pr. Staels. D'après l'étude cette différence est liée à la tolérance à l'ischémie, privation d'oxygène des cellules cardiaques due à l'arrêt momentané du coeur, nécessaire pour l'opération. Une protéine (Reverb alpha), liée aux gènes de l'horloge biologique, est présente en plus grand nombre le matin, selon les résultats observés chez les souris. "Si on l'enlève, pendant la période de réveil, la susceptibilité de l'animal à l'ischémie change", explique-t-il. Les auteurs préconisent donc d'opérer de préférence l'après-midi, avec "les difficultés logistiques que cela suppose".  Des médicaments bloquant la protéine identifiée pourraient également être développés. "On ouvre une piste intéressante", estime le chercheur Bart Staels. [Avec AFP]

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2