"Je n'ai pas menti, je me suis trompé" : le pneumologue de Total jugé en appel pour faux témoignage

08/10/2018 Par Fanny Napolier
Déontologie

Pneumologue, il avait menti devant les sénateurs sur ses liens avec le groupe Total. Michel Aubier a été jugé en appel ce vendredi. Une amende de 30 000 euros a été requise contre lui pour "faux témoignage".

Le 16 avril 2015, Michel Aubier, spécialiste de l'asthme et chef du service de pneumologie à l'hôpital Bichat, avait été entendu par une commission d'enquête sénatoriale sur le "coût économique et financier de la pollution de l'air", en tant que représentant de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).  A la question d'éventuels "liens d'intérêt avec des acteurs économiques" lors de sa prestation de serment, il avait assuré n'en avoir "aucun".

Mais la presse a révélé qu'il était salarié du groupe Total, qui l'employait depuis 1997 comme médecin-conseil. Une enquête avait révélé qu'il percevait en 2015 environ 6 000 euros par mois pour cette activité. Il détenait par ailleurs des actions et était membre du conseil d'administration de la Fondation Total.  

Le médecin était jugé en appel vendredi dernier. L'avocate générale a sollicité la même peine que celle qui avait été requise en première instance, soit une amende de 30 000 euros. Elle a demandé à la cour d'appel de sanctionner une "infraction grave", un "mensonge sous serment (qui) est la porte ouverte à n'importe quelle rumeur, à n'importe quelle suspicion." "Je n'ai pas menti au Sénat. Je me suis trompé, je n'ai pas vraiment bien compris la question posée", a martelé à la barre le professeur Aubier, teint hâlé et costume sombre. "Il vaut mieux passer pour un imbécile que pour quelqu'un qui a délibérément menti", a relevé l'avocat du Sénat, Emmanuel Marsigny.  "C'est du verbiage, de l'argutie de prétendre qu'on s'est trompé sur la question qui était posée, parfaitement claire", a-t-il insisté. En première instance, le tribunal correctionnel de Paris était allé au-delà des réquisitions et avait condamné le médecin à la retraite, le 5 juillet 2017, à six mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. Une première judiciaire pour le délit de "faux témoignage" devant des parlementaires. La cour d'appel doit rendre sa décision le 9 novembre prochain. [Avec AFP]

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

3 débatteurs en ligne3 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2