Réforme des études de médecine : les doyens alertent sur le manque de moyens

19/02/2019 Par Aveline Marques
Signant une tribune dans Le Monde, la Conférence des doyens de médecine alerte le Gouvernement sur les conséquences potentiellement néfastes de la suppression du numerus clausus et de la Paces. Les doyens réclament des moyens supplémentaires pour encadrer les étudiants et appellent à ne pas retarder leur professionnalisation.

"Pour répondre aux problèmes de l’accès aux soins, il ne suffit pas d’augmenter le nombre de médecins formés", estiment les doyens. "C’est la répartition territoriale des médecins qui doit être mieux harmonisée avec les besoins de nos concitoyens", insistent-ils. Et force est de constater que les moyens de la "plupart" des universités sont insuffisants : si le numerus clausus a été doublé, les effectifs d'enseignants hospitalo-universitaires sont restés stables ces quinze dernières années (de 5470 en 2000 à 5560 en 2015). Alors que la ministre de la Santé a annoncé une augmentation globale de 20% du nombre de médecins formés, la Conférence des doyens appelle à "renforcer le taux d’encadrement des étudiants, non seulement pour leur formation initiale, mais aussi au cours de leur vie professionnelle future". Et ce, sur l'ensemble du territoire : "les compétences d’un futur médecin ne peuvent dépendre de l’endroit où il aura été formé". "Les étudiants ont besoin de lieux de formation et de moyens numériques modernes comme les centres de simulation. De nouveaux terrains de stage doivent être ouverts en hôpital, hors de l’hôpital et dans les structures médico-sociales", insistent-ils. La Conférence des doyens met par ailleurs en garde le Gouvernement : le système qui remplacera la Paces, dont les modalités ne sont pas encore arrêtées, ne doit pas donner lieu à un rallongement de la période de "non-choix" des étudiants. "Aujourd’hui, dès la seconde année des études médicales, les étudiants travaillent 'au chevet des patients'. Ainsi, il n’est pas concevable de retarder cet enseignement en 'vie réelle'. Les études sont déjà longues", alertent-ils, insistant sur l'"indispensable" sélectivité de la future procédure. [avec Lemonde.fr]

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2