Nouveau-né

L’Académie de médecine appelle à la vigilance concernant l’ostéopathie chez les nouveau-nés

L’Académie nationale de médecine alerte, ce mardi 3 décembre, les autorités sanitaires et les professionnels de santé sur la pratique de l’ostéopathie chez les nouveau-nés qui, selon l'instance, n’a pas démontré son efficacité et sa sécurité. 

03/12/2024 Par Dre Marielle Ammouche
Ostéopathes
Nouveau-né

L’Académie nationale de médecine alerte les autorités sanitaires et les professionnels de santé sur la pratique de l’ostéopathie chez les nouveau-nés qui, selon elle, n’a pas démontré son efficacité et sa sécurité, et qui est trop souvent promue dans les maternités.
Dans un communiqué daté du 3 décembre, elle "s’interroge" sur les pratiques d’ostéopathie, qualifiées de "viscérales et crâniennes", qui sont proposées aux parents pour leur bébé pour de multiples raisons, -  souvent banales, précise l’Académie - , telles que des tétées difficiles, des pleurs nocturnes, une constipation, des coliques, un ballonnement, un ronflement, une anxiété ou des otites…. 

Or, les académiciens considèrent que les études concernant ces pratiques sont insuffisantes. "Les arguments employés, destinés à justifier ces pratiques, reposent sur des affirmations non ou trop peu étayées par des études conformes aux normes en vigueur et par des évaluations objectives et scientifiques de leur efficacité et leur sécurité", affirment-ils dans le communiqué. Et ce alors que cela concerne des bébés, donc une population "particulièrement fragile".

Améliorer la formation

L’inquiétude vient aussi du fait que ces pratiques sont de plus en plus développées, reléguées en outre par des annonces publicitaires, "y compris au sein de maternités", dénonce l’Académie. Ceci "aboutit à une offre croissante, faite aux parents, qui se laissent "séduire" par ces "pratiques alternatives non médicales ni médicamenteuses", et "couteuses", met-elle en garde.  

Les académiciens souhaitent donc mieux encadrer et évaluer ces pratiques d’ostéopathie chez le nouveau-né. Ils invitent à "une évaluation objective de ces pratiques au regard des revendications formulées". Ils souhaitent, en outre, améliorer la qualité de la formation de sorte qu’elle "soit renforcée et évaluée de façon objective par des spécialistes médicaux et chirurgicaux de la périnatalité". Ils insistent aussi sur la nécessité de mettre en place une surveillance des effets indésirables de ces pratiques.

Références :

D’après un communique de l’Académie nationale de médecine (3 décembre)

Arrêt maladie : la possibilité de solliciter un deuxième avis auprès d'un confrère spécialiste est-elle une bonne idée ?

Marjan Ad

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Oui

En tant que medecin traitant je suis fatiguee des demandes abusives et de la necessité de convaincre constamment, je suis fatigue... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
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Georges FICHET
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 an
Le hic, c'est la dichotomie entre la médecin et l'ostéopathie. Venue du Royaume Uni avec l'exil du Duc de Windsor en 1936, ce dernier ayant amené son ostéopathe avec lui. Mais l'ostéopathie a tout de suite provoqué un blocage dans le corps médical obtus de l'époque qui a mis des années avant de l'accepter (et encore). Il a fallu que le Professeur Maigne la pratique pour qu'elle commence à se répandre dans le monde médical. Mais c'était trop tard. Au lieu de s'intégrer à la médecine elle s'est développée en dehors. J'ai fait plusieurs formations pour terminer par le DIU enseigné à la Pitié. J'ai le titre d'ostéopathe mais j'exerce toujours comme généraliste, ayant en fait intégré l'ostéopathie (on devrait dire plutôt médecine manuelle) à ma pratique de médecine général. Car l'ostéopathie, c'est avant tout de la médecine avec la séquence anamnèse, examen clinique (de moins en moins pratiqué hélas), réflexion et traitement assorti de conseils de vie. Cette formation m'a permis d'affiner mes diagnostics et je la pratique selon les cas. Mais surtout, quelles économies pourraient être faites si elle était enseignée aux futurs médecins ! Combien de radiographies, d'IRM de consultations inutiles, d'errances médicales, de séances de kinésithérapie pourraient être évitées si tous les généralistes savaient pratiquer quelques manipulations simples comme de faire craquer le rachis dorsal pour un simple dérangement intervertébral mineur ! Il m'est même arrivé une fois de rectifier un faux diagnostic d'embolie pulmonaire mis à tort sous anticoagulant alors qu'en quelques secondes, le patient a été soulagé d'une douleur thoracique qu'il trainait depuis un mois ! A la Pitié, on nous a faire la démonstration d'une manipulation propre au nouveaux-nés, mais n'en n'ayant pas la pratique régulière, je ne m'y lancerai jamais. Le plus important à connaître en médecine, ce sont nos propres limites.
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stéphanie Beaujouan
577 points
Incontournable
Médecins (CNOM)
il y a 1 an
Cela fait 1 siècle et demi que l'ostéopathie existe. Ce n'est pas les ostéopathes qui se sont imposés mais bien les maternités au vu des effets bénéfiques des soins osteopathiques. Les ostéopathes n'ont pas le droit de faire des études de leurs pratiques sur le vivant. Ils sont obligés de s'associer à un service hospitalier. Ils ont donc beaucoup de difficultés à publier. Allez sur pubmed et vous verrez qu'il y a beaucoup de publications. Comparez par rapport aux études sur l'homéopathie qui a longtemps été pratiqué par des médecins homéopathe. Il y a des écoles reconnues très sérieuses qui forment correctement leurs étudiants avec les limites de leur pratique. 5 ans d'études + un Master en ostéopathie pédiatrie pour pratiquer sur des bb de moins de 6 mois. Ne soyons pas fermés à une pratique qui soulage les patients. Et que dire des animaux ! Pourquoi les professionnels surtout ont recours aux ostéopathes animaliers si leurs pratiques sont sans intérêts.
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PETIT BOBO
2,8 k points
Débatteur Passionné
Autre spécialité médicale
il y a 1 an
Effets de mode(s). Ca a toujours existé. Pour n'en citer qu'une , pensez à la recommandation de faire dormir le bébé sur le ventre. Ayant débuté mes études en 1964, j'en ai vu des modes en médecine ! Je regrette de ne pas les avoir notées. Un bêtisier des fausses bonnes pratiques .
 
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