Difficile de réduire la prise de poids chez les enfants latinos en surpoids ou obèses

02/06/2021 Par Pr Philippe Chanson
Nutrition
L’obésité chez les enfants, en particulier dans les milieux sociaux défavorisés, est un problème majeur. Il y a peu d’études à long terme disponibles concernant les interventions visant à réduire la prise de poids chez les enfants en surpoids ou obèses et provenant de ces milieux.

L’étude Stanford GOALS est une intervention faite en communauté qui a duré 3 ans, à de multiples niveaux et dans de multiples contextes, visant à réduire la prise de poids chez des enfants d’origine latino, en surpoids ou obèses et vivant en milieu social défavorisé. L’étude a été menée en 2 bras parallèles, était randomisée, ouverte et active avec une évaluation masquée sur 3 ans. Des familles à faibles revenus, principalement des communautés latinos de Californie du Nord, ayant des enfants de 7 à 11 ans en surpoids ou obèses, ont été assignées de manière randomisée à une intervention multiple ou à un groupe d’éducation de santé. Les interventions multiples incluaient des modifications de l’environnement à la maison et des conseils en comportement, un travail commun avec les sports d’équipe à l’école et des relations privilégiées avec les médecins en soins primaires. Le critère d’évaluation principal était la trajectoire d’IMC sur 3 ans. Entre juillet 2012 et octobre 2013, 241 familles ont été recrutées et randomisées : 120 pour recevoir les multiples interventions, 121 pour bénéficier de la prise en charge d’éducation de santé habituelle. L’âge moyen des enfants était de 9.5 ± 1.4 ans et 56 % étaient des filles, 98 % étaient latinos. 238, soit 99 % des enfants ont participé aux visites de suivi la 1ère année, 233, soit 97 % la 2ème année et 227, soit 94 %, la 3ème année. En intention de traiter, sur 3 ans, la différence de trajectoire d’IMC entre le groupe « multiples interventions » et le groupe « prise en charge habituelle » n’était pas significative (différence moyenne ajustée = -0.25 ; IC 95 % = -0.90 à +0.40 kg/m2 ; p = 0.45). Les enfants dans le groupe « interventions multiples » ont pris un peu moins de poids sur une année que les enfants du groupe prise en charge habituelle (-0.73 ; -1.07 à -0.39 kg/m2). Il en était de même sur les 2 premières années. En conclusion, cette intervention multiple, à la maison ou en milieu scolaire, ne permet pas de réduire fortement le gain d’IMC en comparaison d’une prise en charge habituelle sur 3 ans. Cependant les effets obtenus la 1ère et la 2ème année laissent entendre que cette approche systémique pourrait réduire la prise de poids et les facteurs de risque cardio-métaboliques dans ces milieux plutôt défavorisés.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Valérie Briole

Valérie Briole

Non

.Au contraire il faut les étendre pour espérer élargir les possibilités d'accès aux soins, on favorisera ainsi les installations. ... Lire plus

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