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Discuter avec un médecin ou un dentiste expert grâce à son avatar : le pari d'une chirurgienne française
Fondée par une stomatologue parisienne, la start-up Replik.care propose aux soignants d’interroger des avatars IA construits à partir des travaux et du raisonnement clinique d'experts. Lancée dans le dentaire, la plateforme ambitionne de s’étendre à la médecine. Avec une promesse : apporter une expertise médicale disponible 24 heures sur 24, sans pour autant se substituer au médecin.
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Face à un cas complexe, il arrive qu’un praticien sache exactement quel confrère il aimerait pouvoir consulter… mais que celui-ci ne soit pas disponible. C’est de cette situation qu’est née Replik.care. Fondée par la Dre Solène Vo Quang, chirurgienne-stomatologue exerçant en libéral à Paris, la start-up développe des avatars IA censés reproduire non seulement les connaissances d’un expert mais aussi sa manière de raisonner.
"On peut parfois être seul face à des patients. On n’a pas forcément de collègues avec qui discuter tout de suite et solliciter l’avis d’un confrère n’est pas toujours possible. Par ailleurs, les délais pour consulter un spécialiste côté patient peuvent parfois dépasser les trois mois", explique la fondatrice. Confrontée régulièrement à cette problématique, elle décide il y a un an de prendre le taureau par les cornes. "J’avais besoin d’un avis précis d’un professeur spécialisé dans les glandes salivaires mais il n’était pas disponible. J’ai donc généré son avatar IA avec toute la documentation dont je disposais et j’ai pu lui poser des questions. Ça m’a permis d’aller un peu plus loin dans mon raisonnement clinique", glisse-t-elle.
Un avatar nourri uniquement par les travaux de l’expert
La matière dont se nourrit l'avatar repose sur un corpus documentaire fourni par le professionnel : publications, cours, conférences ou autres contenus de formation. L’expert participe ensuite à une phase de "calibration" destinée à reproduire de manière fiable sa façon de raisonner. Il peut enfin relire et corriger si besoin les réponses produites. "Il y a une première phase où il faut regrouper ses documents. Ensuite, une phase de calibration durant laquelle on va entraîner son avatar à répondre comme lui", détaille Solène Vo Quang. Selon la praticienne, un premier avatar peut être mis au point en "une à deux heures, avec la possibilité de le faire en plusieurs fois". Le praticien est ensuite alerté quand son avatar est sollicité par d’autres praticiens et peut avoir accès à toutes les questions qui lui sont posées et vérifier les réponses données.
Replik.care affirme ainsi vouloir se distinguer des IA généralistes dont les réponses reposent sur des corpus beaucoup plus larges. "Il va avoir uniquement de l’information fiable, validée et sécurisée, mise à disposition et interprétée par le soignant lui-même", affirme la fondatrice.
La start-up insiste d’ailleurs sur un point très important : l’avatar doit signaler lorsqu’il ne dispose pas de l’information. "C’est simple, l’IA, elle sait ou elle ne sait pas. Elle va chercher uniquement dans un corpus qui est contrôlé par le praticien et elle n’invente pas une réponse quand elle ne sait pas", résume Solène Vo Quang. Sur son site, Replik.care précise aussi que les réponses sont sourcées à partir des publications, cours ou conférences de l’expert reconnu. La plateforme se présente comme un outil de formation continue et non comme un système se substituant à un avis médical ou à une décision clinique.
Deux experts, deux réponses
Autre particularité revendiquée par la start-up : l’avatar ne cherche pas à produire une réponse consensuelle. "Il ne va pas restituer la diversité. Il va donner sa version, son raisonnement, sa façon d’aborder la situation à lui", explique Solène Vo Quang, également directrice médicale de l’entreprise. Toutefois, pour confronter plusieurs approches, Replik.care propose aussi une fonctionnalité baptisée "War Room" qui permet d’interroger plusieurs experts sur une même question. La chirurgienne cite l’exemple de l’implantologie. "Je vais obtenir deux réponses différentes. (…) Après, c’est à moi de prendre ma décision par rapport à mon cas précis et la situation de mon patient."
Guillaume Marsil, dentiste installé à Port-Grimaud, ayant lui-même créé son avatar, imagine déjà les possibilités offertes par ce service. "Dans mon domaine, c’est hyper intéressant car il y a certaines interventions ou traitements qui sont encore subtils et subjectifs. Suivant le praticien, on peut avoir certaines préférences pour telle ou telle technique. Le fait de pouvoir mêler l’expertise de plusieurs sommités permet d’obtenir une réponse plus objective sur le choix de traitement », s’enthousiasme le praticien. Une expertise qui reste toutefois destinée à éclairer le soignant et non à se substituer à lui. "On n’a pas vocation à être dispositif médical", insiste Solène Vo Quang, qui préfère parler d’"une aide à la réflexion clinique" ou d’"un compagnon pour soignants" disponible sur leur téléphone.
Déjà une vingtaine d'avatars de médecins
Lancée début septembre dans le secteur dentaire, la plateforme commence à s’ouvrir à d’autres spécialités. Une vingtaine de médecins ont déjà créé leur avatar, notamment des généralistes, des chirurgiens vasculaires et orthopédiques. "Pour l’instant, on teste surtout notre approche dans le dentaire", explique la fondatrice. La start-up a également expérimenté son outil auprès d’une trentaine de médecins d’autres spécialités dans le cadre d’une première preuve de concept. Elle prévoit désormais d’affiner son modèle dans le dentaire avant de s’étendre à d’autres secteurs en visant une approche transversale. "L’idée est que des dentistes puissent, si besoin, avoir accès à un avis de cardiologue pour des patients qui le nécessitent", souligne la praticienne.
Du côté du modèle économique, l’accès est payant pour les professionnels de santé qui souhaitent interroger les avatars d’experts. Après un premier accès gratuit à un avatar pendant 30 jours, deux formules sont proposées : 59 euros par mois pour cinq avatars et 129 euros pour un accès au catalogue complet. La création de leur avatar est, elle, gratuite pour les médecins experts. La start-up développe également des offres à destination des leaders d’opinion qui souhaitent utiliser leur avatar pour prolonger leur activité de formation et de transmission, ainsi qu’un modèle spécifique en B2B pour les organismes de formation et les industriels.
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