Oxygénothérapie, télé-expertise, médecins libéraux : la stratégie du ministère pour préserver les hôpitaux face au Covid

17/11/2020 Par Marion Jort
Politique de santé

Pour préserver les capacités hospitalières et assurer la continuité des soins face à l’épidémie de Covid, l’Organisation de la Direction générale de l'offre de soins publie une série de recommandations adressés aux professionnels de santé, s’appuyant en grande partie sur la médecine de ville. Le rôle des professionnels de ville est “primordial” pour limiter la propagation du virus, diminuer la pression sur le secteur hospitalier et permettre la continuité des soins, a affirmé la directrice générale de l’offre de soins (DGOS), Karia Julienne, lors d’un point presse organisé le 16 novembre. En pleine deuxième vague, alors que le “pic épidémique” semble atteint selon Olivier Véran même s’il y a encore “beaucoup de nouveaux malades”, la DGOS vient de publier une série de recommandations formalisant une stratégie “labellisée” par les experts de la “task force” du ministère. Destinée aux professionnels de santé, cette stratégie a été élaborée pour préserver les capacités hospitalières mais surtout éviter un phénomène de déprogrammation massif à cause du Covid. Elle sera évaluée par un large panel d’indicateurs, a également affirmé Katia Julienne.

Ces recos intègrent les derniers avis de la haute autorité de santé et du haut conseil de la santé publique. Elles concernent notamment la médecine de ville, la médecine d’urgence, l’hospitalisation conventionnelle et en soins critiques ainsi que les SSR. Leur objectif : assurer une meilleure coordination entre la ville et l’hôpital et envoyer à l’hôpital uniquement le patient qui a besoin de soin, et non pas celui qui a besoin d’une expertise.  Pour cela, le ministère s’appuie sur cinq axes majeurs : -Oxygénothérapie Le ministère mise d’abord sur un recours élargi à l’oxygénothérapie en dehors de l’hôpital, avec “des critères stricts offrant toutes les garanties de sécurité”, notamment pour les maladies infectieuses et les soins palliatifs. -De nouvelles unités “USI Covid” Depuis la première vague, la prise en charge des patients Covid a évolué, notamment vers des prises en charges “non-invasives”, explique la DGOS. Ces techniques non-invasives permettent donc des unités moins lourdes et la mise en place d’une organisation des soins critiques avec le positionnement d’unités de soins intensifs Covid appelées “USI Covid”. Elles auront essentiellement vocation à prendre en charge des patients mono-défaillants ne nécessitant pas d'intubation. “Cela permet la prise en charge de patient avec un coût en termes de ressources humaines un peu moindre qu’en réa. Et puis, ça permet de répondre à la situation”, explique un médecin de la “task force”. “On aura une fluidification du parcours de soin avec des patients qui peuvent passer des USI Covid en réa par exemple, si leur état le nécessite”, poursuit-il. D’après le ministère, une étude...

a été réalisée par des CNP montrant qu’un tiers des patients Covid pourraient être pris en charge dans ces unités USI Covid.        

-Soutien à la télé-expertise Le ministère veut appuyer la télé-expertise pour les médecins généralistes, afin de leur permettre de recueillir plus facilement “l’avis de confrères experts à distance”, notamment concernant l’infectiologie, la pneumologie ou la gériatrie. Par ailleurs, les astreintes de gériatrie ont été développées dans les centres 15. L’enjeu : anticiper une sortie d’hospitalisation, par exemple, avec un plan de suivi personnalisé. “Plus que jamais, tout ce qui concourt au maintien du lien entre patient et soignants, doit être mis en œuvre pour atténuer des états de détresse”, affirme Katia Julienne. -Importance de la dimension éthique Dans cette période de réorganisation des soins et de situations de “décisions individuelles” des médecins pour les patients, le ministère insiste sur la “prise en compte de la dimension éthique”. Cette notion est à rapprocher directement de l’appui à la télé-expertise, qui présente l’intérêt pour le ministère de pouvoir “collégialiser” une décision” et de “prendre en compte tous les paramètres”. -Outils pédagogiques sur les soins critiques Enfin, des outils pédagogiques sur les soins critiques ont été mis à disposition de tous les infirmiers et aides-soignants mobilisés dans la lutte contre le Covid. Une bibliothèque mise en ligne sur la plateforme Sides, recensant les référentiels de compétence du personnel paramédical ainsi que tous les documents déjà existants et produits tels que des webinars, des fiches, des recos sur le Covid etc, ont été regroupés. Concrètement, cela permettra aux aides-soignants ou infirmières qui travaillent, par exemple, dans une unité de soins intensif de maîtriser un certain nombre de compétences. Un système d’auto-évaluation est également possible, que le personnel paramédical pourra faire avant d’intégrer son unité, puis à J+3, et à J+7. 

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Jean-Marc Juvanon

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