@Steve Cukrov/stock.adobe.com
Les médecins en invalidité devraient avoir le droit de contribuer à "l'effort collectif", défend Neuder
L'ancien ministre et actuel député LR Yannick Neuder a interpelé le Gouvernement au sujet de "l'incapacité absolue à exercer leur profession" à laquelle sont soumis les médecins en invalidité. Y compris des activités bénévoles.
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Pour les quelques 300 médecins en invalidité*, c'est un "double deuil : celui de leur santé et celui de leur vocation", déplore Yannick Neuder. Dans une question écrite adressée à la ministre de la Santé Stéphanie Rist fin juin, l'ancien locataire de l'avenue de Ségur attire l'attention de sa consœur sur les "règles très restrictives" appliquées par la Carmf, qui gère le régime invalidité-décès des libéraux, concernant la participation des médecins reconnus invalides à des activités liées au domaine de la santé.
"Sous peine de remise en cause de leur pension", ces derniers ont l'interdiction de toute activité médicale, "y compris intermédiaire, ponctuelle ou bénévole", telles que l'éducation thérapeutique, le soutien téléphonique, la participation à des commissions, à des expertises "non contentieuses", à du tutorat ou encore à des actions de prévention, interpelle le député cardiologue.
Les statuts du régime invalidité-décès de la Carmf stipulent que l'allocation invalidité est versée au médecin reconnu "atteint d'une maladie ou victime d’un accident entraînant une invalidité totale et définitive le rendant absolument incapable d’exercer sa profession" et que "le service de l’allocation cesse en cas de reprise, par le médecin de toute profession de santé".
"Isolement social et professionnel"
Pour Yannick Neuder, non seulement cela "prive le système de santé d'une ressource précieuse de compétence et d'expérience", mais cela "aggrave" l'"isolement social et professionnel" des médecins concernés. A l'heure des déserts médicaux, ces derniers pourraient pourtant "contribuer de façon ponctuelle à l'effort collectif", estime le parlementaire, défendant une "réponse à la fois humaine et utile au service de la démographie médicale".
Yannick Neuder appelle à "faire évoluer" le cadre applicable afin d'autoriser, "sous conditions strictes", "des activités médicales intermédiaires et ponctuelles sans suspension ni remise en cause de la pension". Cette autorisation serait soumise à l'avis favorable du médecin-conseil et assortie d'une limitation d'activité "en volume et en durée" et d'un contrôle renforcé. Elle donnerait par ailleurs lieu à une "absence totale de rémunération".
La question n'a pour l'heure pas reçu de réponse de la ministre.
*315 bénéficiaires en 2024, d'après les derniers chiffres de la Carmf.
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