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L’Ordre des pharmaciens alerte sur un risque de fragilisation de la chaîne pharmaceutique

A l’instar de l’Ordre des médecins il y a quelques semaines, l’Ordre des pharmaciens vient de publier son état des lieux de la démographie de ses forces en présence. Constatant une baisse inquiétante du nombre de primo-inscrits à son tableau en 2022, l’instance alerte sur un risque de fragilisation de la chaîne pharmaceutique. 

 

Moins de 74 000 inscrits, une première depuis 2016, constate l’Ordre des pharmaciens dans son panorama de la démographie de la profession, publié le 5 juillet dernier. Ainsi, au 1er janvier 2023, l’instance recensait 73 795 pharmaciens inscrits au tableau, soit une baisse de -0,3% par rapport à l’année précédente. "Cette évolution s’inscrit en continuité avec la diminution progressive du nombre de pharmaciens inscrits depuis 2016 (-1%)", peut-on dans le document d’une centaine de pages.   

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Démographie des pharmaciens - Panorama au 1er janvier 2023. Source : Ordre des pharmaciens.

 

Mais la baisse est d’autant plus perceptible et inquiétante sur le nombre de primo inscrits. Au 1er janvier 2023, seuls 2 337 pharmaciens se sont inscrits pour la première fois à l’Ordre, soit 205 de moins que l’année dernière. "Si celle-ci se poursuit, la part des 25-30 ans ne parviendra pas à compenser les futurs départs à la retraite, probablement nombreux car aujourd’hui masqués par l’allongement des carrières", alerte l’instance dans un communiqué de presse. 

En effet, si l’âge moyen des pharmaciens est stable (autour de 46 ans), la proportion des 66 ans et plus est plus importante (ils représentent 5% des pharmaciens inscrits au tableau en 2022 contre 2% en 2012). La part des 56 ans et plus est de 28,6% en 2022 contre 24,8% dix ans plus tôt. La part de femmes au sein de la profession demeure elle aussi stable (68% en 2022, contre 67% en 2012). 

Les tensions de recrutement – qui se font déjà ressentir – risquent de s’accentuer davantage dans le futur "au regard des pénuries d’étudiants en pharmacie", craint l’Ordre, qui constate un "nombre croissant de places vacantes en 2e année de pharmacie".  

Le nombre d’officines a également baissé en 2022 (-0,9%). On comptait 30 officines pour 100 000 habitants contre 31 en 2021 et 34 en 2012. Entre 2012 et 2022, le nombre d’officines sur le territoire métropolitain a diminué de 1 808 soit une baisse de 8,2% en 10 ans. Ceci s’explique par la "restructuration du réseau officinal", indique l’Ordre. 

"Dans un contexte où l’accès aux soins représente un enjeu de plus en plus important pour les territoires, les pharmaciens ont joué un rôle majeur dans le système de soins […] Pour autant, seules des ressources humaines suffisantes et un renouvellement générationnel continu et garanti, nous permettront d’assurer au mieux ces nouvelles missions, dans l’intérêt des patients", a déclaré Carine Wolf Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens. 

Ainsi, l’instance a souhaité agir. Elle annonce s’être engagée dans une étude prospective "destinée à modéliser les tendances démographiques à l’horizon 2050" qui "permettra d’anticiper les prochaines évolutions et d’estimer le besoin en pharmaciens pour assurer les missions de santé publique". Ces travaux devraient être publiés à l’été 2024. L’Ordre poursuit également ses travaux sur des propositions d’adaptation de la première année d’accès aux études de santé. 

L'Ordre interpelle les pouvoirs publics "dont la mobilisation est déterminante pour obtenir des avancées concrètes sur la garantie de la démographie pharmaceutique et l’amélioration de l’attractivité de la profession". 

D'une part, Il me semble que les pharmaciens connaissent mieux les effets nocifs des médicaments et des associations médicamenteuses que les médecins....
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