Sommeil

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Moins attentifs, moins réactifs : l’effet du manque de sommeil sur les généralistes

Interne en médecine générale à Sorbonne Université, Chloé Coulon a présenté lors du congrès Wonca Europe 2026 les résultats préliminaires de son étude sur la fatigabilité attentionnelle des médecins généralistes au cours de la semaine, mesurant une nette différence entre les praticiens qui dorment suffisamment et ceux qui sont en déficit de sommeil. 

27/08/2026 Par Aveline Marques
Sommeil

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Des semaines de 46 heures et une charge cognitive croissante : les médecins généralistes sont exposés à un risque accru de fatigue attentionnelle, susceptible d'altérer leur bien-être et de favoriser des erreurs médicales. Dans le cadre de sa thèse, Chloé Coulon, interne en médecine générale à Sorbonne Université, observe les effets du manque de sommeil sur les capacités de concentration et de réaction de généralistes exerçant en Ile-de-France. Et les premiers résultats, présentés le 1er juillet au congrès de Wonca Europe 2026 à Paris, sont édifiants. 

Dans un premier temps, l'interne a déterminé le "statut de sommeil" des 30 généralistes franciliens participants, afin de les répartir en deux groupes : le groupe contrôle, composé des généralistes dormants suffisamment, et le groupe des médecins en déficit de sommeil. Leur sommeil a été mesuré durant dix jours avant le début de la semaine "test", à l'aide d'une bague connectée et d'un actimètre. S'ils n'atteignaient pas leur durée de sommeil idéale et dormaient durant le week-end au moins 90 minutes de plus que la semaine pour rattraper, ils étaient considérés comme en manque de sommeil. 

Lors de la semaine d'observation, 12 généralistes (6 dans le groupe contrôle et 6 dans le groupe déficit de sommeil) ont passé à quatre reprises un test de vigilance psychomotrice (PVT), pour mesurer l'évolution de leur capacité d'attention soutenue et de leur temps de réaction à la fois sur la journée et sur la semaine. Dès le matin du premier jour de travail, les médecins considérés comme en manque de sommeil présentaient un temps de réaction moyen plus élevé (+66ms en moyenne sur la semaine) et comptabilisaient davantage de défaillances attentionnelles que leurs confrères du groupe contrôle. "Même quand vous dormez plus le week-end, ça ne vous empêche pas dès le premier matin d'avoir une baisse attentionnelle", relève Chloé Coulon.  

 

L'effet s'accentue au cours de la semaine, avec une fatigabilité attentionnelle significativement plus élevée lors de la quatrième session de test, le soir du dernier jour. 

 

Travailler plus de jours, mais moins longtemps ? 

"Ces médecins généralistes ne travaillent pas nécessairement cinq jours d'affilée, remarque l'interne, en réponse à une question de la salle. D'ailleurs, la plupart ne travaillaient que quatre jours." La charge de travail "ordinaire" d'un généraliste étant importante, accumuler les longues journées entraîne une fatigue chronique. "Peut-être qu'il faut repenser le temps de travail quotidien, suggère ainsi Chloé Coulon.Travailler plus de jours, mais pas trop [longtemps]." Autre piste soulevée par la future généraliste : "Démocratiser la sieste, qui peut être encore mal vue dans notre culture."

Si le manque de sommeil est un problème de santé publique concernant de nombreux Français, les médecins sont particulièrement mal habitués, et ce dès la faculté, réagit une praticienne dans la salle. Les internes dépassent fréquemment la limite légale européenne de 48 heures par semaine et une fois installés, les généralistes sont incités à faire des gardes de PDSA. "Le matin suivant, soit vous dormez, mais vous avez beaucoup plus de patients à voir l'après-midi ; soit vous ne dormez pas et vous retournez au travail en manque de sommeil, déplore-t-elle. Il y a vraiment un état d'esprit qu'il faut changer, sans que cela nous fasse culpabiliser vis-à-vis des patients."

Recrutement en cours  :

Généraliste (salarié ou libéral) exerçant en ambulatoire en Ile-de-France, vous voulez participer à l'étude ? chloe.coulon[at]etu.sorbonne-universite.fr 

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

Pascale Debenest

Non

J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
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Michel Rivoal
14,3 k points
Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
Petit échantillon, pas vraiment d'appariement. Bon des résultats dont je ne sais pas s'ils sont significatifs mais qui ne sont pas étonnants et méritent d'être dits, donc publiés même s'ils sont déjà confirmés sur des cohortes plus "étoffées". La littérature est assez pléthorique sur le sujet, avec plus de 24 revues systématiques, et près de 7 963 études parlant de fatigue des professionnels de santé. Une méta-analyse de grande ampleur a réuni les résultats de 8 362 articles en lien avec la question, dont 132, correspondant aux exigences des critères de qualité et de méthodes, ont été finalement analysés en détail. 68 parmi ces 132 contenaient suffisamment de détails dans le matériel et ses annexes pour être incorporés dans la méta-analyse. (publication dans prévention santé) Cependant ces conclusions ne sont pas véritablement prises en compte car d'autres études prennent comme prétexte que réduire le temps de travail des personnels de santé (médecins et autres) amène à une réduction de l'offre (tiens donc) compte tenu de la pénurie de ces personnes (re tiens donc) et pénaliserait les patients et leur sécurité!!! Re re tiens donc. C'est pourquoi cela a conduit à l'imposer (!) pour les internes, accepter les revendications des praticiens hospitaliers (syndicats) en acceptant seulement de lisser ce temps sur trois mois et donc garder la possibilité de dépassements temporaires. Pour les médecins libéralaux c'est beaucoup plus difficile à appliquer du fait de l’inhomogénéité de leur répartition sur le territoire, donc des "déserts" et de la non inclusion de la PDS dans ce temps et de sa tarification jugée également insuffisante pour permettre le repos de sécurité et de leur mode d'exercice finalement non contraint de ce point de vue puisqu'ils sont "libéraux". N’empêche ce qui est démontré est vrai: la fatigue diminue la performance et pose des problèmes sur la sécurité des soins aux malades et à la santé des médecins.
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Philippe Cémoi
1,3 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
C'est ce qui s' appelle enfoncer des portes ouvertes ...
 
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