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L'Ordre infirmier part en campagne contre les violences sexistes et sexuelles pour "briser le tabou"

Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, l'Ordre des infirmiers a présenté mercredi matin sa nouvelle campagne nationale. Un dispositif décliné en trois actes pour permettre aux infirmières de "briser la loi du silence" en dénonçant tout comportement inapproprié dont elles seraient les victimes. 

 
22/01/2026 Par Cloé-Ava Meininger
VSS Infirmières
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Article initialement publié sur concourspluripro.fr le 21 janvier 2026

"Alors qu'une infirmière sur deux aurait déjà été victime de violences sexistes et sexuelles, près de 40% d'entre elles n'ont entrepris aucune démarche contre leur agresseur", déplore Alain Desbouchages, président du Conseil national de l'Ordre des infirmiers (CNOI), lors d'une conférence de presse ce mercredi matin à Paris. Comportements déplacés, outrages, agressions sexuelles… "Ces violences témoignent d'un climat lourd, présent aussi bien à l'hôpital, qu'auprès des patients à leur domicile", reprend Samira Ahayan, secrétaire générale adjointe du CNOI. 

Pour lutter contre ces violences sexistes et sexuelles, l'Ordre des infirmiers "s'engage" et dévoile sa campagne nationale pour "briser le tabou, lutter contre la banalisation des violences, rappeler la loi, accompagner la libération de la parole et protéger les victimes".  Déjà en 2024, il avait mené une grande consultation, à laquelle ont participé plus de 19.000 infirmières et 2.000 infirmiers. Un recueil de données informatif dont les chiffres largement diffusés avaient fait émaner une grande préoccupation sur le sujet. D'autant que près de 1 répondante sur 4 déclare avoir été victime d’une agression sexuelle dès sa formation initiale et 43 % des diplômés depuis moins de deux ans. Une "précocité des faits" inquiétante, reprend Alain Desbouchages, inquiet du "moment de forte vulnérabilité professionnelle" dans laquelle se trouvent ces jeunes infirmières et qui "alimente un climat d’acceptation tacite de comportements inappropriés dès l’entrée dans la profession". L'instance souhaite donc agir en trois étapes : alerter et signaler, informer et accompagner, former et anticiper.

Le premier axe, "Alerter et signaler", verra le déploiement et la généralisation d'un dispositif d'alerte "discret et géolocalisé" pour sécuriser les soins à domicile, et d'activer un droit de retrait immédiat en cas d'agression sexuelle. Autre volet : "Informer et accompagner" afin d'assurer aux infirmières qui le souhaitent une domiciliation professionnelle sécurisée directement à l'adresse de l'Ordre, mais aussi le lancement d'un partenariat avec la fédération France Victimes ainsi qu'un espace dédié aux VSS via le site de l'Ordre.

Enfin, l'axe "Former et anticiper" viendra renforcer la formation initiale des infirmières face aux violences, et étoffer notamment la formation continue pour repérer, signaler et prévenir ces violences.  

Depuis 2023, l’Ordre national des infirmiers a mis en place l’Observatoire de la sécurité des infirmiers et infirmières (OSI), afin de recueillir des signalements et qui permet de notifier tout acte de violence subi dans le cadre d’exercice professionnel. "Cet outil offre des données fiables pour alerter les pouvoirs publics et adapter les réponses", explique Alain Desbouchages. Entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, 2.301 signalements ont été traités via cette plateforme. "Au ministère de la Santé, ces constats nous alarment et appellent une réponse coordonnée des institutions publiques", expriment conjointement Romain Bégué, sous-directeur des ressources humaines du système de santé à la DGOS, et Nicolas Delmas, chef de projet attractivité à la DGOS. "La DGOS va faciliter les dépôts de plainte", ont-ils annoncé.

Faciliter les dépôts de plaintes

Pourtant, certaines interrogations persistent, notamment quant à la loi Pradal, de renforcement de la sécurité des professionnels de santé, adoptée en 2024, mais qui à ce jour n'est toujours pas applicable, faute de décrets publiés pour sa mise en œuvre….

Cette campagne nationale, soutenue par la DGOS et le ministère de la Santé, se déclinera par plusieurs affiches, toutes floquées du slogan "Stop, et c'est puni par la loi". Des visuels illustrant des situations "fréquemment vécues par les infirmières", regrette Alain Desbouchages. 

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