En cinq ans, les médecins ont reçu 600 millions des labos : "on ne pourrait pas faire sans"

13/10/2017 Par Aveline Marques

Le Monde consacre une enquête à ces laboratoires qui sont "aux petits soins des médecins". En cinq ans, Big Pharma a versé plus de 600 millions d'euros aux professionnels, médecins et chercheurs. Des "liens d'intérêts" nécessaires.

En 2016, le Pr Michel Marre, spécialiste du diabète à Bichat (AP-HP), a touché environ 30 000 euros des laboratoires MSD, Sanofi, Novo Nordisk, Astra Zeneca ou encore Servier. Des sommes perçues au titre d'études cliniques, de conférences ou de conseils scientifiques. "Quand on me demande mon avis, cela a de la valeur", commente-t-il dans Le Monde. Hier, le quotidien a publié une enquête sur cet argent qui "irrigue le monde de la santé". Depuis 2012, d'après les déclarations faites dans le cadre du "Sunshine act", les laboratoires pharmaceutiques et les fabricants de dispositifs médicaux auraient ainsi verser 619 millions aux professionnels de santé. En tête, Novartis avec 34 millions d'euros. "On ne pourrait pas faire sans, souligne le Pr Alain Cantagrel, rhumatologue au CHU de Toulouse. A l’hôpital, on nous demande toujours de faire plus avec moins. Il y a des endroits où on comble les déficits hospitaliers avec cet argent !" En l'occurrence, la rémunération des essais cliniques a permis d'acquérir des ordinateurs et un échographe. Quant au médecin, cela représente un complément de revenus de 25 à 30.000 euros par an. Pour le Pr Christine Katlama, spécialiste du VIH à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), l'argent des labos sert à suivre des conférences dans le monde et lui permet ainsi de "rester dans le coup". Ses interventions sont rémunérées de 100 à 200 euros de l’heure et sa participation à un comité scientifique, entre 1 000 et 1 500 euros. "Il ne faut pas diaboliser les labos. On a zéro ressource et on passe beaucoup de temps à chercher des sous pour financer nos projets", ajoute-t-elle. Des liens gagnants-gagnants. "Les industriels n’ont pas de patients, ils auront donc toujours des liens avec les médecins pour faire de la recherche et comprendre comment marchent leurs médicaments dans la vie réelle", pointe de son côté le Dr François Devin (Marseille). [avec lemonde.fr]

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Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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