Image générée par IA

Image générée par IA

Cancer de la prostate : pour un dépistage sur-mesure

23/10/2021 Par Muriel Pulicani
Urologie
Image générée par IA

Image générée par IA

[JNMG 2021] Afin de lutter contre le surtraitement du cancer de la prostate, les autorités sanitaires recommandent un dépistage ciblé sur les populations à risque. Le point a été fait aux Journées Nationales de Médecine Générale (JNMG, Paris-La Défense, 30 spetembre-1er octobre 2021) par le Pr François Desgrandchamps, chef du service d’urologie à l’hôpital Saint-Louis de Paris. 

"Le dépistage systématique du cancer de la prostate peut être nuisible en population générale", prévient le Pr François Desgrandchamps, chef du service d’urologie à l’hôpital Saint-Louis (Paris). En effet, l’acte n’est "pas anodin" et les traitements, s’ils augmentent la longévité des patients, "altèrent la qualité de vie", avec un impact sur la fonction érectile et la continence. "Il y a une vie avant et après le traitement". C’est pourquoi les autorités sanitaires françaises s’orientent vers un dépistage individuel. Celui-ci doit s’adresser aux hommes présentant des facteurs de risque : prédispositions familiales (au moins trois personnes du 1er ou 2e degré de parenté concernées), origine afro-caribéenne, exposition au chlordécone (populations originaires des Antilles) et/ou mutation des gènes BRCA2 ou HOXB13. "Le médecin doit fournir au patient une information claire et transparente pour arriver à une décision éclairée", prône le Pr Desgrandchamps.  

Les examens restent le toucher rectal et le dosage du PSA entre 50 et 70 ans, voire en-deçà (dès 40-45 ans chez les personnes à risque) ou au-delà (patients ayant une espérance de vie supérieure à 10 ans). Cependant, le dosage du PSA est faillible car le taux fluctue (plus ou moins 20 % d’un jour à l’autre), dépend de la taille de la prostate et ne constitue pas un marqueur spécifique de ce cancer.

L’étape suivante est l’IRM, qui précèdera la biopsie réalisée seulement en cas d’anomalie. "L’IRM first" est une recommandation récente, datant de 2/3 ans. Elle permet de savoir s’il y a un cancer, de le localiser, et de diriger la biopsie effectuée sous échographie", précise le Pr Desgrandchamps. L’objectif est de cibler les cancers agressifs pour ne traiter que les cas le justifiant. Ainsi, les tumeurs de score Gleason 6 (3+3), "très fréquentes", constituent "une forme naturelle de vieillissement de la prostate. Elles ne disposent d’aucune caractéristique biologique nécessaire au développement de métastases. Elles ne sont pas dangereuses et ne le seront jamais", détaille le Pr Desgrandchamps. "Pour ces cancers à faible risque, la surveillance est recommandée mais pas le traitement. Ce n’est pas vrai hors du score Gleason 6. Il ne faut pas généraliser et sous-estimer les risques", avertit l’urologue. Le cancer de la prostate touche 48 000 hommes par an en France et cause 8 000 décès. 

 

 

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Non

Supprimer le remboursement des spécialités à SMR faible est une fausse bonne idée. D'une part parce que le coût pour la sécu est... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3