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Hypnose : plus de 1 000 experts réunis à Clermont-Ferrand

Le 10e Forum de la Confédération francophone d’hypnose et thérapies brèves (CFHTB), qui vient de se dérouler à Clermont-Ferrand, a été largement consacré à l’apport des neurosciences et au bouleversement qu’elles entraînent dans la pratique de ces outils thérapeutiques. La formation des professionnels de santé et l’utilisation des compétences dans la relation thérapeutique et le respect de l’éthique ont également alimenté les échanges.

Le dixième forum de la Confédération francophone d’hypnose et thérapies brèves (CFHTB) s’est déroulé à Clermont-Ferrand (63) du 10 au 13 mai derniers. Ce fut un grand succès par le nombre de participants (plus de 1000) et d’orateurs (environ 200). Il se dégage d’un tel rassemblement quelques idées fortes. Si les neurosciences ont pris leur place depuis quelques années dans la compréhension des phénomènes hypnotiques, on observe néanmoins qu’il reste encore de grandes zones d’ombres. Il en va de même dans les études sur la méditation, qu’a rapportées le Dr Prisca Bauer, docteur en neurophysiologie clinique au Centre de recherches en neurosciences de l’Inserm à Lyon. Cette remarquable conférence est venue faire écho d’une part à la journée de pré-forum animée par le Dr Gérard Salem, psychiatre à Lausanne, et Fabrice Midal, fondateur de l’école occidentale de Méditation, et d’autre part à des présentations individuelles sur l’activation de la conscience.

La discussion sur la notion de « présence », premier temps de la relation thérapeutique, est essentielle. Quelle que soit l’appellation « pleine présence » ou « pleine conscience », la relation clinique en est la même. Certains pensent que cette notion n’est pas nouvelle et qu’elle est acquise par tous les participants. Je n’adhère pas à cela. Pour les débutants qui ont participé à ces échanges, la redéfinition de la « présence » comme élément du « ici et maintenant » par les cliniciens qui souhaitent intégrer les outils hypnotiques dans leurs pratiques me semble très importante. Plusieurs présentations ont abordé cet aspect de la relation thérapeutique par la notion de « présence ». C’est le cas de la table ronde consacrée au travail de François Roustang, animée par le Dr Jean-Marc Benhaiem (Paris), pendant laquelle chacun est revenu sur l’exceptionnelle présence de François Roustang pendant ces ateliers ou ces séances thérapeutiques. Il en va de même pour Constance Flamand Roze, docteur en neurosciences (Paris), qui revient sur ce débat en évoquant la gestion de stress et la confiance en soi.

Des études sur le bénéfice d’une prise en charge hypnotique pour la réalisation des coronarographies par une équipe de Metz ou la comparaison dans la chirurgie du sein par une équipe de Toulouse d’une anesthésie générale et locorégionale associée ou non aux techniques hypnotiques ont permis de dégager, comme le montre le rapport de l’Inserm  de 2015,  les grandes difficultés méthodologiques (petites cohortes, analyse des données) pour arriver à des conclusions claires et précises, malgré un très lourd travail de recueil. D’autres spécialistes se sont intéressés au rôle du parasympathique et de la diminution de la fréquence cardiaque dans les phénomènes hypnotiques.

Au fil du temps, il est possible de faire une constatation: les congrès, forums et tables rondes « autour de l’hypnose » ont de plus en plus de participants. Des professionnels de santé de terrain, des chercheurs, des « méditants » et des philosophes s’y retrouvent. Néanmoins les outils hypnotiques, comme l’a souligné le Dr Patrick Bellet (Vaison La Romaine), le président de la CFHTB, sont des outils thérapeutiques qui doivent s’intégrer dans la pratique quotidienne des cliniciens et des soignants. Ce dernier est revenu sur la notion de « thérapeute de l’hypnose » qui n’existe pas, selon lui, seul comme une thérapie isolée. A cette réflexion s’associe aussi celle de la formation. A qui s’adresse-t-elle ? Il est évident que l’outil hypnotique est thérapeutique et doit s’intégrer dans une relation globale avec le patient. C’est ce que certains nomment le « contexte thérapeutique ». C’est dans la « présence » de la rencontre patient-praticien que les outils hypnotiques trouvent leurs places. C’est dans la relation soignante au sens large qu’ils ont leur place. Ce n’est pas dans la rue, dans les scènes de spectacles ou dans divers lieux où des soit-disants « hypnothérapeutes » pratiquent et diffusent une vague technique, que les patients trouveront une solution à leurs douleurs chroniques, à l’analgésie opératoire, à la préparation aux traitements de maladies lourdes, chroniques ou à leurs addictions. Cette formation est actuellement assurée par des instituts privés, dont la plupart ont intégré la CFHTB et des diplômes universitaires. Le partenariat public-privé doit trouver ici sa place. Le renouvellement des dirigeants est aussi important avec une multidisciplinarité, reflet des intervenants dans les congrès, et pourquoi pas une parité homme femme.

C’est par cet indispensable travail de clarté, dans la formation professionnelle, dans le renouvellement des professionnels et la redéfinition du cadre de l’exercice de chacun, dans l’ouverture interdisciplinaire, que les outils hypnotiques trouveront leurs places dans l’arsenal thérapeutique.

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