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Particules fines : un impact négatif sur l’asthme infantile, mais pas seulement

Les preuves de l’influence des polluants de l’air sur la santé respiratoire, cardiovasculaire et sur la mortalité s’accumulent.

Les effets négatifs de la pollution sur la santé sont de plus en plus manifestes. Une étude de pédiatres et pharmacologues parisiens a ainsi confirmé l’existence d’une relation entre l’exposition aux particules fines de moins de 2,5 microns de diamètre (PM 2,5) et la fréquence des crises d’asthme infantile. Cette vaste étude a été réalisée à partir d’une base de données rassemblant 1 264 585 consultations pédiatriques, dont 47 107 motivées par une exacerbation d’asthme, qui avaient eu lieu durant la période 2010-2015 dans les services d’urgences de 20 établissements de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP) (1). Les jeunes patients avaient 3,5 ans en moyenne (1,3-8,8 ans) et 55,4 % étaient de sexe masculin.

Le niveau d’exposition aux différents polluants atmosphériques : particules fines 2,5 et 10, dioxyde d’azote (NO2), ozone (O3) a été évalué à partir des stations de mesure du réseau Airparif, les données étant recueillies sur une base horaire. De plus, l’analyse a pris en compte d’autres paramètres environnementaux pouvant influencer l’évolution de l’asthme comme les données météorologiques, l’exposition aux pollens, l’évolution au cours du temps des infections provoquées par le virus respiratoire syncytial (VRS).

Le seul polluant atmosphérique associé de façon indépendante aux consultations pour exacerbation d’asthme était représenté, dans cette étude, par les particules de moins de 2,5 microns de diamètre (p < 10-4) avec une relation de type sigmoïde, le nombre de consultations pour asthme augmentant progressivement avec la concentration de PM 2,5 pour atteindre un plateau. La moitié de cet effet maximal était atteint pour une concentration de PM 2,5 de 13,5 µg/m3. Ces résultats n’étonnent guère le Pr Jean-Marc Tréluyer, qui a participé à cette étude et dirige l’unité de recherche clinique de l’hôpital Cochin de Paris, « car de plus en plus de travaux cliniques mettent en évidence l’impact des particules fines sur la survenue de l’asthme. On mesure des particules de plus en plus fines, qui exercent des effets négatifs car elles pénètrent au fond de l’arbre pulmonaire et il a même été montré que des nanoparticules ont des effets défavorables sur la fonction respiratoire ».  Les particules de moins de 2,5 microns ont aussi l’inconvénient de demeurer plus longtemps...

Sources : 

Source : D’après un entretien avec le Pr Jean-Marc Tréluyer (Paris) à l’occasion du congrès de la Société française de pédiatrie (SFP) et de l’Association des pédiatres de langue française (APLF), qui a eu lieu à Paris du 19 au 21 juin.

  1. Bouazza N, et coll. Arch Dis Child 2018 ; 103 : 828-31.
  2. Liu C, et coll. N Engl J Med, 2019 ; 381 : 705-15.

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